Jean-Claude Risset (1938)

Contours (1981)

pour bande magnétique

œuvre électronique

  • Informations générales
    • Date de composition : 1981
      Dates de révision : 1983
    • Durée : 10 mn
    • Éditeur : édition du compositeur

Information sur la création

  • 1981, version 1, Canada, Université de Montréal.
  • 16 February 1983, version 2.

Information sur l'électronique
Information sur le studio : LMA-CNRS (Marseille-Luminy)
Dispositif électronique : sons fixés sur support (bande magnétique 2 pistes)

Observations

  • Enregistrement : cd Neuma « New Music Series Vol.1 », NEUMA 450-71, 1988.
  • Réf. bibliographique : Agostino di Scipio, « A story of emergence and dissolution - analytical sketches of J.C. Risset's Contours ». In T. Licata, ed., Electroacoustic music : analytical perspectives, Greenwood Press, Westport, CT, 151-186.

Note de programme

Contours est une pièce pour bande magnétique seule, synthétisée à Marseille sur un ordinateur T1600. Certains éléments de la pièce se retrouvent dans la bande de Profils, pour sept instruments et bande, mais la structure de Contours est plus « tuilée » et « repliée ». Un premier état de Contours a été présenté à Montréal en 1981.

L'ordinateur m'intéresse parce qu'il permet de prolonger l'activité compositionnelle jusqu'au cœur même du son, et par exemple de prolonger l'harmonie dans le timbre. Dans le courant de la pièce interviennent aussi divers processus de développement sonore. La technique de distorsion non linéaire développée à Marseille par Daniel Arfib, permet de parcourir l'arc en ciel des harmoniques pour passer de do à fa dièse (le onzième harmonique d'un do est proche d'un fa dièse tempéré). Le procédé du phasing, qui est en fait un battement entre des fréquences très proches (de 1/10 à 1/50 hz) fait émerger et disparaître, à des cadences différentes, les différentes harmoniques ; utilisé ici avec des sons défectifs en harmoniques, il fait rebondir des accords en textures changeantes. Le contrôle individuel des harmoniques permet de modeler en nuages sonores les émanations harmoniques d'un accord. Le même accord peut conférer son empreinte à un timbre de cloche ce timbre peut lui-même se liquéfier, se diffracter en textures fluides, par la transformation du profil temporel des composantes.

Le titre fait référence à des études psychoacoustiques (de Dowling notamment), qui indiquent qu’on perçoit une similarité entre des mélodies différentes mais gardant un même contour (succession de montées et descentes). La pièce se développe à partir d’un motif très simple (do, fa dièse, sib, mi, sol dièse, ), dont les transformations d’abord lisibles, sont oblitérées par le jeu des réfractions (dispersion des harmoniques), des cristallisations (condensation des motifs), des superpositions et tuilages. Les contours définissent deux pôles harmoniques, do et fa dièse, tonalités lointaines : au début de la pièce on passe de do à fa dièse (ou inversement) par les harmoniques, grâce à la technique de distorsion développée à Marseille par Daniel Arfib. Les contours sont repris sur des sons inharmoniques plus ou moins percussifs, fluides ou cursifs. La fin de la pièce est un développement en harmoniques qui, dans le même temps, amplifie et dissout les données initiales faisant apparaître des sons quasi-vocaux.

Jean-Claude Risset.