Wolfgang Rihm (1952)

Tutuguri VI (Kreuze) (1981)

musique d'après Antonin Artaud, pour six percussionnistes

  • Informations générales
    • Date de composition : 1981
    • Durée : 35 mn
    • Éditeur : Universal Edition, nº UE 32362
Effectif détaillé
  • 6 percussionnistes

Information sur la création

  • Date : 20 September 1981
    Lieu :

    Allemagne, Cologne


    Interprètes :

    le Kolberg Percussion Ensemble, direction : Manfred Reichert.

Observations

Écouter l’enregistrement du concert ManiFeste du 22 juin 2013 : https://medias.ircam.fr/x692e8b


  1. Il nous semble important de faire une distinction entre le Réalisateur en Informatique Musicale (RIM) qui contribue à la confection de la partie électronique d’une œuvre et le Musicien en charge de l’Électronique Live (MEL) qui n’a pas nécessairement participé à l’élaboration de cette partie électronique mais qui doit s’assurer de sa mise à jour et de son bon fonctionnement lors d’une performance (lire à ce sujet Plessas et Boutard, 2015). 

  2. Par convention, l’harmonique 1 (fréquence f0) correspond à la fondamentale du spectre. Pour un spectre harmonique, la fréquence de chaque composante spectrale vérifie la relation suivante: fn = n x f0. 

  3. Grisey a commis une erreur au niveau du premier intervalle: l’écart entre la fondamentale (mi0) et le second harmonique (mi1) est une octave, soit 24 quarts de ton et non 22 comme il est indiqué. 

  4. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  5. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  6. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

Note de programme

Sur le déchirement d’un tambour et d’une trompette
longue,
étrange,
les six hommes
qui étaient couchés,
roulés à ras de terre,
jaillissent successivement comme des tournesols,
non pas soleils mais sols tournants,
des lotus d’eau,
et à chaque jaillissement
correspond le gong de plus en plus sombre
et rentré
du tambour
jusqu’à ce que tout à coup on voie arriver au grand galop,
avec une vitesse de vertige,
le dernier soleil,
le premier homme,
le cheval noir avec un
homme nu,
absolument nu
et vierge
sur lui.


Extrait de Tutuguri, Le rite du soleil noir d’Antonin Artaud

 

Tutuguri, ou Le rite du soleil noir, est un poème qu’Antonin Artaud (1896-1948) a composé suite à une expérience chamanique : le rite du Peyotl. Cet hallucinogène, de la même famille que la mescaline et extrait d’un petit cactus d’Amérique du Nord, est encore utilisé par des peuples amérindiens lors de certaines cérémonies.

Le texte, et l’expérience qu’elle présuppose, a inspiré à Wolgang Rihm un long « Poème dansé » : près de deux heures de musique pour grand orchestre, chœur sur bande magnétique et récitant (ce dernier psalmodiant le texte d’Artaud). Divisé en six parties et dominé jusqu’à l’obsession par des percussions turbulentes, le poème peut être joué en intégralité ou chaque partie séparément.

Tutuguri VI (Kreuze) conclut sur une note de violence et de sauvagerie extrêmes un poème déjà tourné vers la folie. Le sous-titre entre parenthèses — « Kreuze » signifie « Croix » en allemand — renvoie aux deux vers qui ouvrent la dernière strophe du poème : « Or, le ton majeur du rite est justement/L’ABOLITION DE LA CROIX. » Composée pour six percussionnistes spatialisés, jouant principalement des peaux et des accessoires (donc sans hauteur fixe), c’est une musique primale, percutante, hypnotisante, qui évolue par blocs massifs et répétitions sèches et démentes.Une expérience qui dépasse le musical.


  1. Il nous semble important de faire une distinction entre le Réalisateur en Informatique Musicale (RIM) qui contribue à la confection de la partie électronique d’une œuvre et le Musicien en charge de l’Électronique Live (MEL) qui n’a pas nécessairement participé à l’élaboration de cette partie électronique mais qui doit s’assurer de sa mise à jour et de son bon fonctionnement lors d’une performance (lire à ce sujet Plessas et Boutard, 2015). 

  2. Par convention, l’harmonique 1 (fréquence f0) correspond à la fondamentale du spectre. Pour un spectre harmonique, la fréquence de chaque composante spectrale vérifie la relation suivante: fn = n x f0. 

  3. Grisey a commis une erreur au niveau du premier intervalle: l’écart entre la fondamentale (mi0) et le second harmonique (mi1) est une octave, soit 24 quarts de ton et non 22 comme il est indiqué. 

  4. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  5. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  6. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

Jérémie Szpirglas, festival ManiFeste 2013.