Roger Reynolds (1934)

Transfigured Wind III (1984)

pour flûte, ensemble et électronique

œuvre électronique

  • Informations générales
    • Date de composition : 1984
    • Durée : 36 mn
    • Éditeur : Peters
    • Commande: Ircam-Centre Pompidou
    • Dédicace : Karen et Harvey Soliberger
Effectif détaillé
  • soliste : flûte
  • hautbois, 2 clarinette (aussi 1 clarinette en mib, 1 clarinette basse), basson (aussi contrebasson), cor, trompette, trombone, 2 percussionniste, piano, violon, alto, violoncelle, contrebasse

Information sur la création

  • 21 June 1984, États-Unis, Los Angeles, Olympic Art Festival, par Harvey Sollberger : flûte, CalArts New Music Ensemble, direction : Jean-Charles François.

Information sur l'électronique
Dispositif électronique : sons fixés sur support (diffusion quadriphonique)

Observations

Œuvre écrite avec l'aide du Systems Development Foundation.

Note de programme

Dans Transfigured wind III, une série de quatre « propositions » faites par le soliste alterne avec des réponses plus étoffées de l'orchestre et de la bande-ordinateur. Ces propositions varient. La première joue sur les modes affirmatif et réflexif, la seconde est plus fluide, voire chorégraphique, la troisième, burlesque et la dernière entremêle des phrases Iyriques avec des passages d'une haute virtuosité. L'écriture de ce solo qui, délibérément, utilise toute la palette, s'explique par un souci autre que le simple désir d'offrir à l'interprète un médium intrigant. Tous les sons de la bande sont réalisés à partir de pré-enregistrements numériques des propositions. Leur grande variété m'a permis d'enrichir le registre normal de la flûte — à la fois plus ethéré et plus flamboyant — pour répondre au défi que représentait pour moi l'acte de générer une bande à partir d'un instrument à vent aux possibilités sonores moins étendues que ses compagnons de la même section. Dans cette aventure, j'ai été remarquablement secondé par mon assistant, Richard Boulanger, et par Mark Dolson, tous deux membres du Computer Audio Research Laboratory de UCSD, où cette œuvre a été réalisée.

Travailler a partir de sonorités instrumentales présente plusieurs avantages : on ne s'étendra pas sur la vivacité et la versatilité. Mais il en est un autre. tout aussi précieux, et c'est le « sens musical » d'un excellent interprète œuvrant pour transformer — parfois même, métamorphoser — un enregistrement de flûte ; il est évident que l'intention fondamentale de l'exécutant ne sera pas perdue même lorsqu'une phrase est découpée avec minutie, prolongée, ou lorsque ses différents « niveaux » traversent l'espace sur des voies dissemblables.

Je me suis efforcé, dans Transfigured wind III, d'explorer des rapports nouveaux d'écoute et de réception des sons et des structures de base qu'ils peuvent recouvrir. Il me semble qu'anticipation et mémoire peuvent intervenir encore mieux dans un contexte musical qu'elles ne le font pendant ces moments de conscience éveillée que nous connaissons rarement en dehors de la musique, et que le temps consacré à la musique est comme une routine. Je m'efforce d'enrichir notre présence émotionnelle et intellectuelle à l'expérience acoustique avec l'aide d'un curieux allié, l'ordinateur.

Transfigured wind III est la suite d'une composition tout aussi importante bien que plus dense commandée par l'Ircam en 1983 et destinée elle aussi a l'exécution en public avec bande numérique.

Roger Reynolds.