Gérard Pesson (1958)

Nocturnes en quatuor (1987)

pour clarinette, violon, violoncelle et piano

  • Informations générales
    • Date de composition : 1987
    • Durée : 11 minutes
    • Éditeur : Lemoine, Paris
Effectif détaillé
  • clarinette, violon, violoncelle, piano

Information sur la création

Note de programme

Les Nocturnes en quatuor consistent en sept courtes pièces organisées en deux mouvements :
Mouvement I : 4 pièces rapides et très brèves,
Mouvement II : 3 pièces plus lentes et plus longues.

Ces deux niveaux d’articulation formelle en doivent pas empêcher la perception de deux autres niveaux extrêmes qui permettraient d’entendre ou bien une forme unitaire, ou bien un grand nombre d’aphorismes séparés de silence ; chaque îlot de musique étant comme la miniaturisation de la structure globale. Ainsi, la cinquième pièce — centrale — , la plus développée, aux tempi les plus mobiles, est elle-même un miroir du tout. C’est la seule des sept pièces où s’expriment furtivement des soli.

Ces pièces brèves sont autant d’études sur la fragmentation temporelle, rythmique, harmonique, mélodique, timbrique. Le discours musical — aussi bien la figuration que l’écriture instrumentale — y lutte contre le silence.

La musique des Nocturnes en quatuor doit parvenir de très loin, comme si la matière sonore avait été recouverte, estompée, submergée, comme si un discours antérieur, plein, disert, avait été ajouré.
Un auditeur avait peut-être trouvé, le soir de la création (en novembre 1987), la devise idéale de ces Nocturnes : « Je dirais même moins ». Je lui préfèrerais cependant le non multa sed multum que Barthes appliquait au haïku japonais.

Extrait du livret du cd Gérard Pesson, Editions Accord-Una Corda (Universal), 4650798-2.