Gérard Pesson (1958)

Beau Soir (1988)

opéra de chambre pour quatre chanteurs, un comédien et ensemble


œuvre scénique

  • Informations générales
    • Date de composition : 1988
    • Durée : 35 minutes
    • Éditeur : Inédit
    • Cycle : Beau Soir, triptyque au couchant
    • Commande: Radio-France à l'initiative d'Acanthes pour l'Opéra autrement ; Version scénique : commande de Radio France et de la Fondation Louis Vuitton pour l'Opéra et la Musique.
    • Livret (détail, auteur) :

      Martin Kaltenecker

Effectif détaillé
  • solistes : soprano solo, mezzo-soprano solo, ténor solo, baryton solo, acteur
  • flûte, clarinette, cor, trompette, 2 percussionniste, piano, violon, violon II, alto, violoncelle, contrebasse

Information sur la création

  • 13 July 1989, France, Avignon, Festival (version de concert), par Jean-Philippe Delavault : Jean, comédien, Caroline Delaporte : Solange, soprano, Cécile Elloir : Inès, mezzo, Stuart Patterson : Arnaud, ténor, Gilles Schneider : Robert, baryton et l'Orchestre lyrique de la Région Avignon-Provence, direction : Annick Minck ; version scénique créée le 18 septembre 1990 à l'ancienne laiterie centrale à Strasbourg, dans le cadre du festival Musica, par Jörn Cambreleng : Jean, comédien, Françoise Vanhecke : Solange, soprano, Florence Person : Inès, mezzo, Stuart Patterson : Arnaud, ténor, Jacques Bona : Robert, baryton et l'ensemble FA, direction : Dominique My, mise en scène : Charlotte Nessi, décors : Charles Rios, son : Guy Noël, lumière : Gérard Champlon, costumes : Bénédicte Dufay et Justine Nessi, chef de chant : Sylvie Leroy.

Observations

Collaboration musicale : Laurent Pillot.

Note de programme

Cycle « Beau soir », triptyque au couchant de Gérard Pesson

Le triptyque est composé de deux pièces d'un théâtre nocturne pour comédiens chantants et petit orchestre — Ciel d'orage et Beau soir — reliées entre elles par un interlude non représenté pour trois voix et cinq instruments — Le Couchant.
Les deux actions — Ciel d'orage et Beau soir — peuvent être considérées comme deux variations d'une même situation : des personnages se retrouvent un soir d'été, sur une terrasse, dans un jardin du centre de la France. Ils parlent, passent d'un sujet à l'autre comme pour s'éviter, manière d'évoquer un absent. Ils sont réunis par une menace.

Cinq personnages sur une terrasse, un soir d’août, évoquent la mémoire d’un poète disparu. Ils se sont retrouvés dans sa maison, ils parlent de son œuvre, citent ses vers. Chacun d’eux le connaît à sa manière : Solange, la compagne qui règne sur sa biographie ; Robert, l’exégète, qui a étudié son œuvre ; Inès, l’admiratrice, l’étudiante hantée par la profondeur ; Arnaud, le sous-préfet, le technocrate qui a toujours quelques bonnes phrases sur la culture pour combler les vides de ces conversations — il vient inaugurer un petit mémorial en hommage à l’artiste ; Jean, enfin, coupé de tous, ange noir, sorte de double du poète qui fait visiter sa maison, vient porter le message confus et ténébreux de la vérité.

Beau Soir
Mélodie de Claude Debussy sur un poème de Paul Bourget.

Lorsque au soleil couchant les rivières sont roses,
Et qu’un tiède frisson court sur les champs de blés,
Un conseil d’être heureux semble sortir des choses
Et monter vers le cœur troublé,
Un conseil de goûter le charme d’être au monde
Cependant qu’on est jeune et que le soir est beau,
Car nous nous en allons, comme s’en va cette onde :
Elle à la mer, nous au tombeau.

Extrait du programme du festival Musica 1990.