Luigi Nono (1924-1990)

Post-Prae-ludium per Donau (1987)

pour tuba et électronique live

œuvre électronique

  • Informations générales
    • Date de composition : 1987
    • Durée : 13 mn
    • Éditeur : Ricordi, Milano, nº 134668
    • Dédicace : à Giancarlo Schiaffini
  • Genre
    • Musique soliste (sauf voix) [Tuba]
Effectif détaillé
  • tuba

Information sur la création

  • Date : 17 October 1987
    Lieu :

    Allemagne, Donaueschingen, festival


    Interprètes :

    Giancarlo Schiaffini.

Information sur l'électronique
Information sur le studio : Experimentalstudio der Heinrich-Strobel Stiftung
Dispositif électronique : temps réel

Note de programme

À l'occasion de la première, donnée le 17 octobre 1987 à Donaueschingen (d'où le nom du fleuve dans le titre), le compositeur écrivit : « Si le déroulement de la composition est arrêté dans les moindres détails, la notation en revanche ne sert que de base pour l'interprète. Les nouvelles possibilités techniques qu'offre un tuba à six pistons donnent l'occasion au musicien de produire accidentellement d'autres occurences sonores au-delà de ce modèle. La transformation électronique des sons n'est introduite dans la composition qu'avec modération et de manière différenciée.

Le joueur de tuba doit écouter tous les procédés d'amplification du son, les assimiler et y réagir. C'est cette interaction entre la notation préétablie, une nouvelle technique de jeu et la musique électronique live  qui donne naissance à une interprétation vivante. »

Dans la première des trois parties, le registre haut de l'instrument (de fa à do 1) forme un cluster diatonique quasiment exploré comme un champ sonore statique. Aux différentes manières de jouer (surtout à « demi-piston ») s'ajoutent des sonorités de fausset ou provenant naturellement de l'instrument, ainsi qu'un écho et de multiples retards dus à la transformation des sons. La partie centrale, en relation directe avec le premier morceau, s'appuie sur de longues notes très aiguës (autour de do 2) à micro-intervalles ; elles sont brusquement interrompues durant une petite minute par un contre-ut extrêmement bas transformé électroniquement. La partie finale repose sur le fa, qui est joué avec beaucoup de dynamisme et de couleurs, puis subit pour ainsi dire une transformation sonore jusqu'à disparaître « al niente ».


  1. Il nous semble important de faire une distinction entre le Réalisateur en Informatique Musicale (RIM) qui contribue à la confection de la partie électronique d’une œuvre et le Musicien en charge de l’Électronique Live (MEL) qui n’a pas nécessairement participé à l’élaboration de cette partie électronique mais qui doit s’assurer de sa mise à jour et de son bon fonctionnement lors d’une performance (lire à ce sujet Plessas et Boutard, 2015). 

  2. Par convention, l’harmonique 1 (fréquence f0) correspond à la fondamentale du spectre. Pour un spectre harmonique, la fréquence de chaque composante spectrale vérifie la relation suivante: fn = n x f0. 

  3. Grisey a commis une erreur au niveau du premier intervalle: l’écart entre la fondamentale (mi0) et le second harmonique (mi1) est une octave, soit 24 quarts de ton et non 22 comme il est indiqué. 

  4. Whittall, Arnold, Jonathan Harvey, Londres, Faber and Faber, 1999. Traduction française sous le même titre par Eric de Visscher, L’Harmattan, Ircam-Centre Georges Pompidou, 2000, p. 44. 

  5. Harvey, Jonathan, « Le Miroir de l’ambiguïté », Le Timbre, métaphore pour la composition, recueil de textes réunis par Jean-Baptiste Barrière, Paris, Ircam, Christian Bourgois, 1991, p. 454-466. 

Programme Ars Musica 1992