Tristan Murail (1947)
Vues aériennes (1988)
pour 4 instruments
Date de composition :
1988
Durée : 13 minutes
Editeur : Salabert
Commande : Arts Council of Great Britain pour le Nash Ensemble
Information sur la création
-
1 December 1988,
Queen Elisabeth Hall, Londres
, parNash Ensemble
Genre
Musique instrumentale d'ensemble [Ensemble instrumental mixte de moins de 5 instruments]
Effectif détaillé
- 1 cor, 1 violon, 1 violoncelle, 1 piano
Informations complémentaires
Peut être aussi jouée en quatuor non dirigé.
Titres des parties
- Lumière du matin
- Lumière de la pluie
- Lumière de midi
- Lumière du soir
Note de programme
La notion de « processus » présente dans tant d'œuvres du compositeur est ici étendue : au lieu d'avoir un processus unique, on le trouve présent sous quatre formes différentes. Murail dit avoir songé à la série des Cathédrales de Rouen de Monet, dans laquelle un même objet est vu sous divers angles et lumières. La pièce comprend quatre « sections », la troisième constituant le processus « original », et les trois autres en étant des distorsions plus ou moins poussées. Voici comment les définit le compositeur :
- Lumière du matin (lumière claire, angles très obtus, distorsion maximale)
- Lumière de la pluie (effets de flou, angles plus fermés, distorsion plus légère)
- Lumière de midi (lumière brillante, point de vue frontal, pas de distorsion)
- Lumière du soir (lumière chaude, ombres longues, distorsion forte)
Chacune des quatre sections comprend trois parties, un moment d'attente et d'anticipation, un paroxysme central et une conclusion en forme de décomposition. Le cor n'intervient qu'occasionnellement, le plus souvent dans les parties centrales des sections : il commence hors scène, à gauche, et se déplace progressivement au cours de la pièce, pour finir hors scène à droite, symbolisant la course du soleil illuminant un paysage sous des angles divers.
Comme souvent dans les œuvres récentes de Murail, les processus sont d'échelle plus réduite que dans ses œuvres antérieures ; ils tendent à être abrégés et suggérés plutôt que pleinement développés, et le résultat est un savant mélange de prévisible et d'imprévisible : on remarque cependant un recours moindre à des spectres purement harmoniques et à des rythmes purement réguliers, bien que le rythme et l'harmonie engendrent de fortes tendances à la stabilité. La pièce se montre d'une variété d'expression et de climat plus grande que la plupart des autres œuvres du compositeur, les différents processus de distorsion mélodique et harmonique créant une succession d'humeurs et de textures d'une intense poésie.
Julian Anderson, notice du Festival Archipel, Genève, 21 mars 1992.
Partitions