Olivier Messiaen (1908-1992)

Cantéyodjayâ (1948)

pour piano

  • Informations générales
    • Date de composition : 1948
    • Durée : 12 mn
    • Éditeur : Universal Edition
Effectif détaillé
  • 1 piano

Information sur la création

  • Date : 23 February 1954
    Lieu :

    concert du Domaine Musical, Paris


    Interprètes :

    Yvonne Loriod

Note de programme

C'est une pièce écrite sous l'influence de son activité de professeur. Elle appartient à une période bien précise qui n'est ni sa première manière, telle qu'il l'a lui-même définie dans son ouvrage Technique de mon langage musical en 1944, période à laquelle se rattachent les Vingt Regards sur l'Enfant Jésus, ni sa période « ornithologiste », essentiellement consacrée aux chants d'oiseaux (1952/63), mais une période charnière extrêmement fertile, et qui comporte : Cantéyodjâya, Quatre Etudes de rythme (1940/50), dont Modes de Valeurs et d'Intensités, Messe de Pentecôte (1950) et Livre d'Orgue (1951).

De structure ferme — qu'on peut simplement rattacher à deux rondos librement imbriqués l'un dans l'autre — l'œuvre est formée par une trentaine de séquences relativement courtes, différentes par Ieur écriture et leur tempo. Chaque section porte généralement un titre, emprunté à la langue hindoue. La rythmique, libre, est une donnée essentielle de cette page.

Ainsi, par exemple, les deux premières mesures (refrain du premier rondo) ont un rythme et une courbe mélodique qui les rendent facilement repérables dans l'œuvre. Ce sont elles qui donnent son titre à la pièce.

Fortement influencée par les données essentielles de la musique hindoue, l'esthétique rythmique est aussi complexe que son effet émotionnel est immédiat. L'écriture fait alterner des séquences de mélodicité (alba, linéacourbârasa...), d'autres de rythme pur, en accords puissamment accentués (globouladjhamapâ) et enfin certaines séquences de recherche sur le timbre : ainsi le premier couplet du deuxième rondo (plisséghoucorbélinâ), qu'on dirait échappé à quelque tabla hindoue.

Ainsi constamment sollicitée par l'originalité et l'invention de l'écriture, l'attention de l'auditeur n'est pas tentée de s'égarer. L'œuvre fut créée, ainsi que Modes et Valeurs et d'Intensité aux consorts du Domaine Musical par Yvonne Loriod, le 24 février 1954.


  1. Il nous semble important de faire une distinction entre le Réalisateur en Informatique Musicale (RIM) qui contribue à la confection de la partie électronique d’une œuvre et le Musicien en charge de l’Électronique Live (MEL) qui n’a pas nécessairement participé à l’élaboration de cette partie électronique mais qui doit s’assurer de sa mise à jour et de son bon fonctionnement lors d’une performance (lire à ce sujet Plessas et Boutard, 2015). 

  2. Par convention, l’harmonique 1 (fréquence f0) correspond à la fondamentale du spectre. Pour un spectre harmonique, la fréquence de chaque composante spectrale vérifie la relation suivante: fn = n x f0. 

  3. Grisey a commis une erreur au niveau du premier intervalle: l’écart entre la fondamentale (mi0) et le second harmonique (mi1) est une octave, soit 24 quarts de ton et non 22 comme il est indiqué. 

  4. Whittall, Arnold, Jonathan Harvey, Londres, Faber and Faber, 1999. Traduction française sous le même titre par Eric de Visscher, L’Harmattan, Ircam-Centre Georges Pompidou, 2000, p. 44. 

  5. Harvey, Jonathan, « Le Miroir de l’ambiguïté », Le Timbre, métaphore pour la composition, recueil de textes réunis par Jean-Baptiste Barrière, Paris, Ircam, Christian Bourgois, 1991, p. 454-466. 

  6. CAUSSÉ, Réné, SLUCHIN, Benny, Sourdines des cuivres, Paris : Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1991. 

  7. Yan Maresz, cité par Bruno Heuzé, dans HEUZÉ, Bruno, « Yan Maresz, Portrait », Résonance, Ircam/Centre Georges Pompidou, n° 14, septembre 1998, page 16. 

  8. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  9. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  10. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

Programme du concert du 3 octobre 1981 au Centre Pompidou