Benedict Mason (1954)

Double concerto (1989)

pour cor, trombone et ensemble

  • Informations générales
    • Date de composition : 1989
    • Durée : 19 mn
    • Éditeur : Chester Music
    • Commande: Aldeburgh Festival
Effectif détaillé
  • solistes : 1 cor, 1 trombone
  • 1 flûte, 1 hautbois, 1 clarinette, 1 basson, 1 trompette, 1 tuba, 1 percussionniste, 1 harpe, 1 piano, 1 violon, 1 violon II, 1 alto, 1 violoncelle, 1 contrebasse

Information sur la création

  • 1989, Londres, par Michael Thompson : cor, David Purser : trombone, London Sinfonietta, direction : Oliver Knussen.

Observations

  • Prix Benjamin Britten 1988.
  • Enregistrement : 1 cd Bridge Records n° BCD 9045.
Titres des parties
  • Determined
  • Scherzo Notturno / Trio Diurno / Scherzo Reprise : Double
  • Molto Adagio
  • Determined

Note de programme

Créé en 1989 par le London Sinfonietta, le Double Concerto s'inscrit parmi les toutes premières œuvres de Benedict Mason et révèle son goût pour le collage, l'insert et le montage « cut », nés de son intérêt pour le langage documentaire. Œuvre virtuose, tant par la complexité de son écriture que par ce qu'elle exige de ses interprètes, le Double Concerto nous fait entrer de plain-pied dans un monde kaléidoscopique. Il se construit en quatre mouvements sur le schéma du concerto romantique, référence que Mason s'applique à subvertir ici. Son premier mouvement, « déterminé », consiste en une rapide succession de moments contrastés, finement détaillés en une polyrythmie complexe et changeante. Mason en indique la courbe dynamique à l'aide d'adjectifs tels « propre, rond, hérissé, frappé, fondu, filant ». Le Mouvement se conclut sur une simple note en un geste presque péremptoire. Le Final, reprise du mouvement introductif, développe le combat des cuivres solistes. Celui-ci s'interrompt brusquement, comme si tout ce château de cartes sonores ouvragées se désagrégeait pour s'achever sur une simple note, cette fois énoncée au loin, comme à regret.

Entre ces deux mouvements rapides, deux études contrastées, enchaînées sans transition. Le Scherzo « nocturne », et avec lui son « trio diurne » dans lequel la trompette piccolo s'impose comme troisième soliste, est de caractère presque impressionniste. Il développe les possibilités de variation timbrale offertes par les sourdines des cuivres. Le dialogue des solistes semble jouer sur la sensation de proximité de l'instrument, créant ainsi une perspective sonore. L'Adagio s'ouvre sur un monde aquatique, inquiétant, fait d'une variation de glissandi et de portamenti en une succession poussée jusqu'à l'absurde. Glissandi tout d'abord descendants jusqu'à ce que, l'extrême grave atteint, tamtam et gong inversent le processus et que les motifs se perdent dans l'aigu. Mason développe dans ce Double Concerto une recherche initiée dans son Trio pour cor (1987), et tout particulièrement perceptible dans cet Adagio. À partir de l'étude des harmoniques du cor, Mason crée des séries de micro-intervalles qu'il programme sur synthétiseur. Le clavier numérique oppose alors à l'ensemble instrumental son univers continu et non tempéré, leur superposition formant une matière complexe faite de strates ambigues et instables.Un univers spectral qui intrigue tout autant par ses couleurs, sa complexité rythmique et harmonique que par la maîtrise d'un espace sonore fait de lumières et de reflets. On repense à certaines œuvres de Mason telle Lighthouses of England and Wales (1987) dans laquelle, en éthno-musicographe cousin d'un Georges Perec plus que d'un Messiaen, il « nota » une collection de cinquante phares de la côte britannique.