Yan Maresz (1966)

Éclipse (1999)

pour clarinette et quatorze instruments

  • Informations générales
    • Date de composition : 1999
      Dates de révision : 2001
    • Durée : 10 mn
    • Éditeur : Durand, Paris, nº D. et F. 15169
    • Commande: Radio France pour le London Sinfonietta
Effectif détaillé
  • soliste : clarinette
  • flûte, hautbois, basson, cor, trompette, trombone, percussionniste, harpe, piano, violon, violon II, alto, violoncelle, contrebasse

Information sur la création

  • Date : 5 June 1999
    Lieu :

    Royaume-Uni, Bath, Festival


    Interprètes :

    Timothy Lines : clarinette et le London Sinfonietta, direction : Pierre-André Valade.

  • Date : 15 September 2001
    Lieu :

    Paris, Festival Klangspuren


    Interprètes :

    l'Ensemble intercontemporain, direction : John Storgårds.

Note de programme

Le titre exprime simplement l'idée de la disparition, ou de l'occultation partielle, mais avec une « promesse de retour » et une notion de prédictibilité. La pièce n'est pas une transcription littérale de cette idée, mais plutôt l'espace dans lequel vont s'effectuer de multiples opérations d'un type similaire, sur un plan musical et parfois plus personnel. Certains éléments de mon passé musical ressurgissent ça et là, intégrés, incrustés parfois dans la continuité comme des strates dans une vue en coupe du sous-sol.

La clarinette est omniprésente, dense, touffue et laisse des traces de son passage, contaminant régulièrement l'ensemble qui s'emballe alors, jusqu'à la masquer en grande partie. Elle ne se tait que lorsqu'on ne l'écoute plus vraiment, soit parce qu'elle est trop bavarde ou parce qu'elle a bien malgré elle généré une trop grande activité. L'écriture de la ligne de clarinette, laissant transparaître par endroits mon passé de guitariste, cherche à s'approcher de cette sensation de spontanéité et de grande liberté que donne le musicien qui improvise et nous parle de lui.

Avec cette pièce, je poursuis aussi mon travail d'exploration des phénomènes liés à la perception et à la lisibilité de l'organisation formelle articulant le matériau musical, dans un langage que j'aimerais le plus direct et le plus communicatif possible, et dans lequel la liberté de l'écriture est au service de l'imaginaire et de sa matérialisation.


  1. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  2. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  3. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

  4. CAUSSÉ, Réné, SLUCHIN, Benny, Sourdines des cuivres, Paris : Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1991. 

  5. Yan Maresz, cité par Bruno Heuzé, dans HEUZÉ, Bruno, « Yan Maresz, Portrait », Résonance, Ircam/Centre Georges Pompidou, n° 14, septembre 1998, page 16. 

Yan Maresz.