Bruno Maderna (1920-1973)

Venetian Journal (1972)

pour ténor, orchestre et bande magnétique

œuvre électronique

  • Informations générales
    • Date de composition : 1972
    • Durée : 19 mn
    • Éditeur : Ricordi
    • Livret (détail, auteur) :

      d'après James Boswell

Effectif détaillé
  • soliste : ténor solo
  • flûte (aussi flûte piccolo), hautbois (aussi cor anglais), clarinette (aussi clarinette basse), basson, cor, trompette, trombone, xylophone, marimba, 2 percussionniste, harpe, célesta, violon, alto, violoncelle, contrebasse

Information sur la création

  • 12 March 1972, États-Unis, New York, Lincoln Center, par Paul Sperry : ténor, Bruno Maderna : direction.

Information sur l'électronique
Dispositif électronique : sons fixés sur support

Note de programme

Tel est le titre qui apparaît sur la partition, auquel d'autres, souvent peu fidèles, se substituent parfois pour certaines exécutions (C'est ainsi que le programme de la première exécution indique Boswell's Journal). La toute première page de la partition elle-même donne les principales informations de cette œuvre : le texte (de l'auteur dramatique américain Jonathan Levy) s'inspire du journal intime de l'écossais James Boswell qui, alors âgé de vingt-trois ans, visita Venise en 1765 et la décrivit dans son Journal. Aux divers intérêts qu'il éprouve pour les monuments, les églises et les femmes, Boswell joint quelques considérations sur certaines faiblesses morales de son caractère : « Jeune homme parti à la connaissance du monde, il se perd en diverses méditations écrites en anglais, en français, ainsi qu'en un vénitien approximatif. »

Maderna date sa composition de 1972. Toutefois, l'existence — sur des feuilles manuscrites contenant les travaux préliminaires du Satyricon — de fragments et d'études de cette œuvre laisse supposer que l'auteur a travaillé au Venitian Journal entre 1971 et 1972, dans un contexte américain. Un compte-rendu de la première exécution ("The Minneapolis Star") affirme que l'œuvre a été écrite sur une commande du ténor Paul Sperry, à qui elle est effectivement dédiée et qui, jusqu'à ce jour, l'a interprétée à chacune des reprises dont on ait eu connaissance. Quant à la commande de Sperry, trois lettres du manager de Maderna — Sheldom Soffer de New York, octobre-novembre 1971 — viennent nous la confirmer.

La première exécution eut lieu à l'occasion du cycle "New and Newer Music" au Lincoln Center de New York, le 12 mars 1972, dans une interprétation vocale de Sperry, dirigée par Maderna. En 1973, l'éditeur Ricordi publia la reproduction du manuscrit autographe du compositeur. Quelques feuilles de remarques ont été conservées. Trois d'entre elles contiennent les esquisses de la fugue finale, où certains thèmes célèbres sont utilisés pour la première fois, tels que Non più andrai (Tu n'iras plus) et La biondina in gondoleta (La bondinette dans sa petite gondole). Deux copies d'un texte dactylographié de trois feuilles s'y trouvent également et contiennent une première version — différente de la version définitive — du texte de Levy intitulée : The Venitian Joumai of Jos. Boswell, esq. July 1765. Aetatis suis 24. Enfin, nous conservons encore les copies de l'enregistrement de trois exécutions de l'œuvre. L'un de ces enregistrements, fourni par la veuve du compositeur, est celui de la première exécution.

Selon la partition, l'œuvre dure 17 minutes. Pourtant, il n'est guère possible de donner des valeurs aussi précises, l'œuvre contenant un certain nombre de parties ad libitum c'est ainsi que l'enregistrement de la première exécution dure à peu près 25 minutes.

La nomenclature de l'orchestre est la suivante : Ténor solo, flûte (jouant aussi du piccolo), hautbois (jouant aussi du cor anglais), clarinette (jouant aussi de la clarinette basse), basson, cor, trompette, trombone, harpe, célesta, xylophone, marimba, grosse caisse, cymbales, triangle, temple blocks, violon, alto, violoncelle, contrebasse.

Maderna a indiqué sur la partition tous les endroits qui utilisent la bande magnétique, laquelle se compose, selon les indications de l'auteur, de neuf sections dénommées « tapes 1-9 ». Dans l'enregistrement de la première exécution, dirigée par Maderna, toutes les indications concernant l'utilisation de la bande sont respectées. Le contenu en est à peu près le suivant :

  • Tapes 1-3

Elles servent d'introduction à l'entrée du ténor et sont principalement composées de divers matériaux orchestraux superposés et combinés ensemble. Notons la présence, dans Tape 1, de séquences extrêmement rapides jouées au marimba — peut-être est-ce une citation de Serenata III —, ainsi que l'apparition intermittente d'une voix de ténor et d'une voix de soprano qui entonnent des fragments de la partie du ténor solo. Cette circonstance permet de supposer que la réalisation et le montage de la bande ont été faits en même temps ou à la suite de la rédaction de la partition. (Durée de tapes 1-3 : de 0'00 à 1'50).

  • Tape 4

Utilisée au beau milieu de la composition, cette bande propose un épisode similaire à Tape 1-3. (Durée : de 9'50 à 10'40).

  • Tapes 5-9

Ces sections forment un épisode unitaire qui, partant de 19'53, se conclut à 24'52, avec la toute dernière phrase du ténor. Elles contiennent un montage de fragments extraits de la première section de Le rire, ainsi que plusieurs phrases de piano accélérées. En ce qui concerne Le rire, les éléments vocalo-percussifs qui en sont extraits et l'épisode basé sur l' « écoulement de l'eau » sont tout particulièrement évidents. A l'instar de Tapes 1-3, une voix récitante vient ici aussi mêler ses interventions au cours de la bande.

Nous n'avons aucune idée de la date ni du lieu où ces bandes ont été réalisées.

Programme du concert du 9 mai 1998 au Centre G. Pompidou.