Magnus Lindberg (1958)

Kinetics (1988-1989)

pour grand orchestre

œuvre électronique

  • Informations générales
    • Date de composition : 1988 - 1989
    • Durée : 14 mn
    • Éditeur : Wilhelm Hansen
    • Commande: Radio finlandaise (YLE)
    • Dédicace : à Esa-Pekka Salonen
Effectif détaillé
  • 2 flûtes (aussi 1 flûte piccolo), flûte piccolo (aussi flûte alto), 2 hautbois, cor anglais, 2 clarinettes (aussi 1 clarinette en mib), clarinette basse, saxophone alto, 2 bassons, contrebasson, 4 cors, 3 trompettes, 3 trombones, tuba, 3 percussionnistes, timbales, harpe, piano, clavier électronique/MIDI/synthétiseur, 16 violons, 14 violons II, 12 altos, 10 violoncelles, 8 contrebasses

Information sur la création

  • Date : 13 March 1989
    Lieu :

    Finlande, Helsinki, Biennale


    Interprètes :

    l'Orchestre de la Radio finlandaise, direction : Esa-Pekka Salonen.

Note de programme

L'écriture de Kinetics débuta au printemps 1988, continua en Suisse en automne et fut complétée à Helsinki en janvier 1989. Si Kraft était essentiellement une œuvre pleine d'énergie, de masse et de couleurs, Kinetics s'intéresse plus à l'harmonie et au mouvement (d'où son titre). Dans un entretien, le compositeur a cité Photoptosis de Bernd Alois Zimmermann comme œuvre exemplaire pour comprendre l'existence simultanée des différentes harmonies.

D'après Lindberg, Kinetics est une pièce qui génère sa propre acoustique : « J'ai décidé de séparer deux types d'harmonies différentes, la première au premier plan et l'autre en retrait. Chaque accord entendu au premier plan a son propre arrière-plan, une sorte d'ombre, qui n'existe qu'en fonction de son accord principal *. » Pour concevoir le plan harmonique, Lindberg utilisait un logiciel, développé par Gérard Assayag à l'Ircam, qui permet de déterminer une fondamentale pour un nombre quelconque de fréquences simultanées, représentant alors les partiels de cette fondamentale. L'harmonie est l'espace, qui devient temps grâce au rythme. Les éléments rythmiques et harmoniques se combinent dans un rapport complémentaire : lorsque le matériau rythmique est répété, l'harmonie change rapidement, et lorsque les accords se répètent, la vitesse de variation rythmique s'accélère.

Kinetics fut créée au cours de la Biennale d'Helsinki, sous la direction d'Esa-Pekka Salonen, à qui l'œuvre est dédiée.

* Programme de la Biennale d'Helsinki, 1989, p. 45-46.


  1. CAUSSÉ, Réné, SLUCHIN, Benny, Sourdines des cuivres, Paris : Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1991. 

  2. Yan Maresz, cité par Bruno Heuzé, dans HEUZÉ, Bruno, « Yan Maresz, Portrait », Résonance, Ircam/Centre Georges Pompidou, n° 14, septembre 1998, page 16. 

  3. Whittall, Arnold, Jonathan Harvey, Londres, Faber and Faber, 1999. Traduction française sous le même titre par Eric de Visscher, L’Harmattan, Ircam-Centre Georges Pompidou, 2000, p. 44. 

  4. Harvey, Jonathan, « Le Miroir de l’ambiguïté », Le Timbre, métaphore pour la composition, recueil de textes réunis par Jean-Baptiste Barrière, Paris, Ircam, Christian Bourgois, 1991, p. 454-466. 

Risto Nieminen, « Magnus Lindberg », Les Cahiers de l'Ircam, coll. « Compositeurs d'Aujourd'hui » n° 3.