György Ligeti (1923-2006)

Dix pièces pour quintette à vent (1968)

  • Informations générales
    • Date de composition : 1968
    • Durée : 15 mn
    • Éditeur : Schott, nº ED 6304
    • Commande: Solistes de l'Orchestre philharmonique de Stockholm
    • Dédicace : au Quintette à vents de l'Orchestre philharmonique de Stockholm
Effectif détaillé
  • flûte (aussi flûte piccolo, flûte alto), hautbois (aussi cor anglais, hautbois d'amour), clarinette, basson, cor

Information sur la création

  • Date : 20 January 1969
    Lieu :

    Suède, Malmö 


    Interprètes :

    le Quintette à vents de l'Orchestre philharmonique de Stockholm.

Titres des parties

  1. Molto sostenuto e calmo
  2. Prestissimo minaccioso e burlesco
  3. Lento
  4. Prestissimo leggiero e virtuoso
  5. Presto staccatissimo e leggiero
  6. Lo stesso : Presto staccatissimo e leggiero
  7. Vivo, energico
  8. Allegro con delicatezza
  9. Sostenuto , stridente
  10. Presto bizzaro

  1. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  2. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  3. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

  4. Il nous semble important de faire une distinction entre le Réalisateur en Informatique Musicale (RIM) qui contribue à la confection de la partie électronique d’une œuvre et le Musicien en charge de l’Électronique Live (MEL) qui n’a pas nécessairement participé à l’élaboration de cette partie électronique mais qui doit s’assurer de sa mise à jour et de son bon fonctionnement lors d’une performance (lire à ce sujet Plessas et Boutard, 2015). 

  5. Par convention, l’harmonique 1 (fréquence f0) correspond à la fondamentale du spectre. Pour un spectre harmonique, la fréquence de chaque composante spectrale vérifie la relation suivante: fn = n x f0. 

  6. Grisey a commis une erreur au niveau du premier intervalle: l’écart entre la fondamentale (mi0) et le second harmonique (mi1) est une octave, soit 24 quarts de ton et non 22 comme il est indiqué. 

Note de programme

Ligeti a écrit cette œuvre pour les solistes de la philharmonie de Stockholm, qui en sont les commanditaires. Le projet initial ne comportait que sept pièces : deux pièces conçues pour l'ensemble devaient encadrer cinq « micro-concertos » dédiés à chacun des cinq instruments. Mais Ligeti a ressenti la nécessité de contrebalancer ces cinq « concertos miniatures », vifs et virtuoses, par des textures plus calmes. L'œuvre définitive comprend donc dix pièces brèves, alternant des mouvements d'ensemble et des mouvements au sein desquels la clarinette, la flûte, le hautbois, le cor et le basson se voient successivement confier un rôle soliste.

L'architecture de l'œuvre ne repose pourtant pas uniquement sur ce principe d'alternance. La suite des pièces dessine en effet une progression régulière vers l'aigu : le flûtiste joue successivement la flûte alto, la flûte et le piccolo ; le hautboïste joue le cor anglais, le hautbois d'amour puis le hautbois. Cette ascension culmine à la neuvième pièce Soutenu, strident : les instruments échangent des tenues dans le suraigu, créant des sons différentiels que Ligeti a expressément recherchés.

De plus, le compositeur a élaboré un véritable répertoire de gestes musicaux, dont la répartition dans les divers mouvements est variable. Un principe de construction que Ligeti a qualifié de « forme kaléidoscopique » : « J'ai des pierres comme dans un kaléidoscope, des unités de mosaïque [...], et si vous bougez ce kaléidoscope, vous obtenez une autre configuration. »

La dernière pièce clôt l'œuvre par une conclusion inattendue : le basson interrompt brusquement son babil et fait longuement attendre le piccolo, avant de mettre un terme abrupt à la plaisanterie. Sous ce point final désinvolte, le compositeur a placé la citation suivante, de Lewis Carroll :

« ... mais » — Il y eut une longue pause. « C'est tout ? » demanda Alice timidement. « C'est tout », dit Humpty Dumpty. « Au revoir ».


  1. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  2. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  3. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

  4. Il nous semble important de faire une distinction entre le Réalisateur en Informatique Musicale (RIM) qui contribue à la confection de la partie électronique d’une œuvre et le Musicien en charge de l’Électronique Live (MEL) qui n’a pas nécessairement participé à l’élaboration de cette partie électronique mais qui doit s’assurer de sa mise à jour et de son bon fonctionnement lors d’une performance (lire à ce sujet Plessas et Boutard, 2015). 

  5. Par convention, l’harmonique 1 (fréquence f0) correspond à la fondamentale du spectre. Pour un spectre harmonique, la fréquence de chaque composante spectrale vérifie la relation suivante: fn = n x f0. 

  6. Grisey a commis une erreur au niveau du premier intervalle: l’écart entre la fondamentale (mi0) et le second harmonique (mi1) est une octave, soit 24 quarts de ton et non 22 comme il est indiqué. 

Peter Szendy.