Fabien Lévy (1968)

Coïncidences (1999)

pour orchestre de 35 musiciens

  • Informations générales
    • Date de composition : 1999
    • Durée : 11 mn
    • Éditeur : Billaudot, Paris
    • Dédicace : à Petar Klanac et Joel Merah
Effectif détaillé
  • 2 flûtes, hautbois, 2 clarinettes, basson, saxophone, 2 cors, 2 trompettes, 2 trombones, tuba, 2 percussionnistes, harpe, accordéon, piano, 6 violons, 4 altos, 4 violoncelles, 2 contrebasses

Information sur la création

  • Date : 23 October 1999
    Lieu :

    France, Paris, Conservatoire national supérieur de musique, Journées de la composition


    Interprètes :

    le Nouvel ensemble instrumental du conservatoire, direction : R. Rivolta.

Note de programme

Ce n'est que récemment, notamment au contact des travaux de Jean-Claude Risset et de Gérard Grisey, que j'ai compris que mes différents intérêts musicaux recouvraient en fait une préoccupation unique : en utilisant des techniques compositionnelles particulières telles les « transpositions harmoniques itérées », le « cross rhythm » ou des techniques « d'inflexion musicale », qui relient de façon homogène les durées, les fréquences et les timbres ; en effectuant des recherches universitaires sur le rapport entre complexité analytique et complexité perceptive ; en m'intéressant à des techniques de contrepoint de musiques d'Afrique de l'Ouest ; ou en me méfiant des excès du structuralisme des années 50 et 60, je poursuis en fait une même recherche : donner priorité à la perception du tout sur la partie ; déjouer par des paradoxes perceptifs une écoute analytique ; rechercher le « par-delà de l'écriture », ce que certains appellent l'ineffable (Jankélévitch), d'autres le Duende (Garcia Lorca).

Les canons rythmiques de Vuza, que le mathématicien italien M. Andreatta m'a fait découvrir, vont dans ce sens. Il s'agit de canons rythmiques dont les différentes voix s'imbriquent parfaitement les unes aux autres sans créer ni superposition ni « trou », La perception qui en résulte n'est pas l'écoute contrapuntique de l'entrée de chacune des voix, mais celle d'un flux continu d'information à la sémantique autonome. Cette pièce est dédiée à Joël Merah et à Peter Klanac, deux amis compositeurs qui, dans leur style propre, partagent des préoccupations semblables.


  1. Il nous semble important de faire une distinction entre le Réalisateur en Informatique Musicale (RIM) qui contribue à la confection de la partie électronique d’une œuvre et le Musicien en charge de l’Électronique Live (MEL) qui n’a pas nécessairement participé à l’élaboration de cette partie électronique mais qui doit s’assurer de sa mise à jour et de son bon fonctionnement lors d’une performance (lire à ce sujet Plessas et Boutard, 2015). 

  2. Par convention, l’harmonique 1 (fréquence f0) correspond à la fondamentale du spectre. Pour un spectre harmonique, la fréquence de chaque composante spectrale vérifie la relation suivante: fn = n x f0. 

  3. Grisey a commis une erreur au niveau du premier intervalle: l’écart entre la fondamentale (mi0) et le second harmonique (mi1) est une octave, soit 24 quarts de ton et non 22 comme il est indiqué. 

  4. Whittall, Arnold, Jonathan Harvey, Londres, Faber and Faber, 1999. Traduction française sous le même titre par Eric de Visscher, L’Harmattan, Ircam-Centre Georges Pompidou, 2000, p. 44. 

  5. Harvey, Jonathan, « Le Miroir de l’ambiguïté », Le Timbre, métaphore pour la composition, recueil de textes réunis par Jean-Baptiste Barrière, Paris, Ircam, Christian Bourgois, 1991, p. 454-466. 

Fabien Lévy, programme des journées de la composition, Hommage à Gérard Grisey, octobre 1999.