updated 27 May 2021
© Harald Hoffmann

Olga Neuwirth

Compositrice autrichienne née le 4 août 1968 à Graz, Autriche.

Née à Graz en 1968, Olga Neuwirth commence la trompette à l’âge de sept ans, suivant sans doute en cela les pas de son père, pianiste de jazz réputé. À l’âge de 17 ans, elle passe une année entière à San Francisco, où elle étudie la composition et la théorie musicale (au Conservatory of Music) ainsi que les arts plastiques et le cinéma (à l’Art College).

Rentrée en Autriche en 1987, Olga Neuwirth poursuit ses études de composition à la Hochschule de musique et de théâtre de Vienne dans la classe de composition d’Erich Urbanner, études au terme desquelles elle soutiendra un mémoire de maîtrise sur « L’utilisation de la musique dans le film L’amour à mort d’Alain Resnais ». En parallèle, elle s’initie à l’électroacoustique à l’Institut de musique électroacoustique de Vienne auprès de Dieter Kaufmann et Wilhelm Zobl. Poursuivant plus avant dans cette voie, elle suit à Paris en 1993-1994, l’enseignement de Tristan Murail et participe à un stage en informatique musicale à l’Ircam. C’est durant ces années qu’elle rencontre Adriana Hölszky, Vinko Globokar et surtout Luigi Nono qui, comme Tristan Murail, auront sur elle et son développement créatif une influence décisive.

La reconnaissance vient dès 1991, avant qu’elle ne termine ses études, lorsque Elfriede Jelinek, future Prix Nobel de Littérature, la choisit pour réaliser avec elle deux mini-opéras pour le Wiener Festwochen. En 1994, elle fait partie du jury de la biennale du nouveau théâtre musical de Munich puis du forum des compositeurs aux cours d’été de Darmstadt. En 1996, elle reçoit une bourse du DAAD à Berlin. En 1998, son œuvre est présentée lors de deux concerts portraits dans le cadre de la série « Next Generation » au Festival de Salzbourg.

Elle retrouve Elfriede Jelinek et le Wiener Festwochen pour créer sa première grande pièce de théâtre musical, Bählamms Fest (1997-1998), d’après Leonora Carrington, une œuvre qui lui vaut le prix Ernst Krenek. L’année suivante, pour les 75 ans de Pierre Boulez, elle compose Clinamen / Nodus, qui sera créée à Londres par son dédicataire, à la tête du London Symphony Orchestra*.* Elle est cette même année en résidence auprès du Koninklijk Filharmonisch Orkest van Vlaanderen, à Anvers et, deux ans plus tard, elle est compositrice invitée au Festival de Lucerne, avec Pierre Boulez à nouveau.

Dès lors, les commandes et créations s’enchaînent : aux pièces de concert, musiques pour la scène (comme …ce qui arrive… sur des textes de et avec Paul Auster en 2004) et musiques pour le cinéma s’ajoutent bientôt des installations et des vidéoclips. Les grandes institutions et festivals lui ouvrent leurs portes et ses œuvres sont joués par les plus prestigieux ensembles de musique d’aujourd’hui.

Elle poursuit également sa fructueuse collaboration avec Elfriede Jelinek. En 2003, elles créent Lost Highway, d’après le film éponyme de David Lynch, à l’Automne Styrien. En 2006, au Festival de Salzbourg, le trompettiste Håkan Hardenberger et le Wiener Philharmoniker, placé sous la direction de Pierre Boulez, créent son concerto pour trompette …miramondo multiplo…. En 2012, elle achève la composition de deux opéras à New York : The Outcast et American Lulu. En 2015, sa pièce pour orchestre Masaot/Cloacks without Hands est créée à Cologne par le Vienna Philharmonic sous la direction de Daniel Harding et sa pièce pour ensemble et électronique, Le Encantadas o le avventure nel mare delle meraviglie, est créée aux Donaueschinger Musiktage par l’Ensemble intercontemporain sous la direction de Matthias Pintscher. En 2016, elle est compositrice en résidence au Festival de Lucerne où est créé son concerto pour percussion Trurliade-Zone Zero.

En mars 2017 est inaugurée son installation sonore 3D réalisée en collaboration avec l’Ircam pour l’anniversaire des quarante ans du Centre Georges Pompidou. Cette année, elle collabore aussi avec l’architecte Peter Zumthor et Asymptote Architects. En 2019, son opéra Orlando, une adaptation féministe radicale du texte de Virginia Woolf, est la première œuvre d’une compositrice à être créée à l’Opéra de Vienne.

Ses œuvres sont publiées chez Ricordi et chez Boosey & Hawkes et sont enregistrées sur les label Accord, Col Legno et Kairos.

Olga Neuwirth est membre de de l’Académie des Arts à Berlin et Munich.

Prix et distinctions

  • 1994 : « Prix Publicity » de l’Austro Mechana ;
  • 1996 : bourse du DAAD à Berlin
  • 1999 : prix d’encouragement de la Fondation Ernst von Siemens à Munich ; prix Hindemith du Festival de musique du Schleswig-Holstein ; prix Ernst Krenek ;
  • 2006 : élue membre de l’Académie des Arts de Berlin ;
  • 2008 : prix des Artistes de la ville d’Heidelberg ;
  • 2010 : prix « Louis Spohr » de la cité de Brauschweig ; Grand Prix National de l’Autriche ;
  • 2020 : prix Schumann pour la musique et la poésie ;
  • 2021 : « Wolf Prize in Arts » pour la musique, décerné par la Fondation Wolf.

© Ircam-Centre Pompidou, 2019

Liens Internet

(liens vérifiés en mai 2021)

Textes et publications sur des sites de musicologues (en allemand)

(liens vérifiés en mai 2021)

Bibliographie

  • Stefan DREES, Olga Neuwirth zwischen den Stuehlen : a Twilight-Song auf Suche nach dem Fernen Klang, Salzbourg, Vienne, Munich, Verlag Anton Pustet, 2008, avec un cd audio.
  • Stefan DREES, « Intermediale Konzeption und Dekons Uktion des Wahrnehmunsasdiskurses: zu Olga Neuwirths “…ce qui arrive…” »,  , n° 166, Issue 4, 2005, p. 30-3.
  • Laurent FENEYROU, « Olga Neuwirth en ses images », Perspectives, 26 février 2020, lire ici.
  • Laure GAUTHIER, « Jouer/Déjouer. Ou le rire comme présence. À propose d’Olga Neuwirth », Vacarme, n° 61, 2012, p. 106-117, à lire en ligne.
  • Laure GAUTHIER, « Olga Neuwirth. Vigilance oblige. », Filigrane. Musique, esthétique, sciences, société, n° 14, 2011. à lire en ligne.
  • Bernhard GÜNTHER, « Raus Aus der Enge. Olga Neuworth, Beim Wort Genommen. », Neue Zeitschrift für Musik, n°3/2020, p. 8-11.
  • Joachim LANGE, « Vom Grundrauschen der Welt: Zur Uraufführung von Olga Neuwirths „Orlando” an der Staatsoper in Wien », in Neue Musikzeitung, 2020, vol. 69/2, p. 2-5.
  • Franck MADLENER (entretien avec) et Max NYFFELER (textes de), Olga Neuwirth, portrait de l’artiste en colère, programme du festival Musica, Strasbourg, Sept/Oct 2004, p. 19-21 et 46.
  • Olga NEUWIRTH, Bählamms *Fest : ein venezianisches Arbeitsjournal 1997 - 1999, Vienne, Literaturverlag Droschl, 2003.
  • Sophie M. STEVANCE,« Clinamen / Nodus ou la fracture kaléidoscopique de l’illusoire musical dans l’œuvre d’Olga Neuwirth », L’Éducation musicale, Paris, n° 517/518, novembre-décembre 2004, p. 41-44.
  • Jean-Noël VON DER WEID, Alice au pays de l’effroi, Musica Falsa, numéro 20, Paris, automne 2004, p. 6.

Discographie

  • Olga NEUWIRTH, Aello - Ballet Mécanomorphe, dans « The Brandenburg Project », 3 CD BIS, 2021, BIS-2199 SACD.
  • Olga NEUWIRTH, …miramondo multiplo…, dans « Stories  », 1 CD BIS, 2019, BIS-2293 SACD.
  • Olga NEUWIRTH, …miramondo multiplo… ; Remnants of Songs… An Anphigony ; Masaot / Clocks without hands, dans « Orchestral Works », 1 CD Kairos, 2019, 0015010KAI.
  • Olga NEUWIRTH, Original Soundtrack to Goodnight Mommy, Wiener Glasharmonika Duo, 1 cd Kairos, 2016, 0015009KAI.
  • Olga NEUWIRTH, Torsion, Pascal Gallois, basson, dans « Pascal Gallois solo » avec des œuvres de Pierre Boulez et Luciano Berio, 1 cd Stradivarius, 2015, STR37020.
  • Olga NEUWIRTH, Miramondo Multiplo, version for trumpet and ensemble, Marco Blaauw, trompette ; Ensemble Musikfabrik, dans « Graffiti » avec des œuvres de Unsuk Chin et Sun Ra, 1 cd Wergo, 2014, WER68612.
  • Olga NEUWIRTH, Ondate, dans « sonic.art Saxophonquartett » avec des œuvres de György Ligeti, Fabien Levy, Iannis Xenakis, … et al., 1 cd Genuin, 2010, GEN10164.
  • Olga NEUWIRTH, Photophorus, Orchestre Symphonique de la Radio Bavaroise, Bernhard Kontarsky, direction, dans « Musica Viva 02 » avec des œuvres d’Isabel Mundry, Jörg Birkenkotter et Henry Koch, 1 cd Col Legno, 2008, WWE20082.
  • Olga NEUWIRTH, Der Tod und das Mädchen II, Anne Bennent et Hanna Schygulla : voix, Olga Neuwirth : régie, 1 CD Col Legno, 2007, WWE 1CD 20261, enregistré en 2000.
  • Olga NEUWIRTH, Lost Highway, Klangforum Wien, Johannes Kalitzke : direction, 2 CD Kairos, 2006, 0012542 KAI, enregistré à Graz (Théâtre Basel) en 2003.
  • Olga NEUWIRTH, Clinamen / Nodus, Construction in Space, LSO, Pierre Boulez : direction, Klangforum Wien, Emilio Pomàrico, 1 CD KAIROS, 2002, 0012302 KAI.
  • Olga NEUWIRTH, Akroate Hadal, Quasare/Pulsare, … ?risonanze !…, …ad auras… in memoriam H., incendo/fluido, settori, Nicolas Hodges : piano, Irvine Arditi : violon, Garth Knox : alto, Quatuor Arditti, 1 CD Kairos, 2005, 0012462 KAI, enregistré à Cologne en 2001.
  • Olga NEUWIRTH, Vampyrotheone, Iles instrumentales extraites de Bählamms Fest, Hooloomooloo*, Klangforum Wien, Sylvain Camberling : direction, 1 CD KAIROS, 2001, 0012242 KAI, enregistré en 2001.
  • Olga NEUWIRTH, The Long Rain, Rico Gluber, saxophone ; Ernesto Molinari, clarinette ; Eva Furrer, flûte ; Hannes Haider, tuba ; Klangforum Wien ; Peter Rundel, direction, dans « Donaueschinger Musiktage 2000 » avec des œuvres de Peter Ablinger, Peter Ruzicka, Vinko Globokar, … et al., 1 cd Col Legno, 2001, WWE20201.
  • Olga NEUWIRTH, Todesraten, pièces sonores d’après deux monologue d’Elfriede Jelinelk, Marianne Hoppe et Daniel Morgenroth, voix ; Uli Fusseneger, contrebasse ; Pierre-Stéphane Meugé, saxophones ; Ernesto Molinari, clarinette basse ; Burkhard Stangl, guitare électrique, 1 cd Col Legno, 2000, WWE20033.
  • Olga NEUWIRTH, Bählamms Fest, Klangforum Wien, Johannes Kalitzke : direction, 2 CD Kairos, 2003, 0012342 KAI, enregistré à Vienne (Sofiensäle) en 1999.
  • Olga NEUWIRTH, Lonicera Caprifolium, !?dialogues suffisants !?, Spleen, Five Daily Miniatures, Vexierbilder, Klangforum Wien, Peter Eötvös : direction, Konstantia Gourzi, Andrew Watts : contreténor, Ernesto Molinari : clarinette, 1 CD Accord, 1995, 205232, enregistré en 1994 et 1995.
DVD
  • Olga NEUWIRTH, Musiques de films, Klangforum Wien, Peter Rundel, Georgette Dee, Ensemble Modern, Franck Ollu, Olga Neuwirth, 2 DVD KAIROS, 2008, 0012772 KAI, avec : The Long Rain (2000) de Michael Kreihsl, Canon of Funny Phases (1992) de Flora Neuwirth & Olga Neuwirth, Durch Luft und Meer(2007) d’Olga Neuwirth,Symphonie Diagonale(2006) de Helmuth Vicking Eggeling,The Calligrapher(1991) animé par Brothers Quay,Miramondo**Multiplo(2006/07) d’Olga Neuwirth,Disenchanted**Time(2005) d’Olga Neuwirth,No More Secrets No more Lies(2005) d’Olga Neuwirth,Gefahr**Bar (2006).