updated 29 October 2019

James Dillon

Compositeur britannique né le 29 octobre 1950 à Glasgow, Ecosse.

James Dillon commence la musique en jouant dans des ensembles traditionnels écossais de cornemuses et dans des groupes de rock. Il étudie l’art et le design à l’université de Glasgow en 1968, la musique du nord de l’Inde à l’université de Keele –Ti.re-Ti.ke-Dha, pour percussion (1977), est rythmiquement marqué par cette expérience –, puis se rend à Londres en 1970 pour y étudier la musique, l’acoustique et la linguistique. Il se forme à la composition principalement en autodidacte.

Après un premier prix de composition au festival de Huddersfield en 1978, le compositeur se fait connaître en 1982 avec Who do you love et Parjanya-Vata pièce lauréate du Kranichsteiner Musikpreis de Darmstadt. En 1986, il est invité à donner des conférences à la State University of New York, et chargé de cours de  composition au Goldsmiths’ College de Londres ; il assiste au stage d’été de l’Ircam.

Son activité de pédagogue se poursuit : pendant dix ans, il enseigne aux cours d’été de Darmstadt (1982-1992) ; il assiste Brian Ferneyhough à Royaumont en 1996 ; il est régulièrement invité à enseigner partout dans le monde. De 2007 à 2014, il est en outre professeur de composition à l’Université du Minnesota à Minneapolis, où il réside actuellement.

Les œuvres de Dillon sont, pour beaucoup d’entre elles, réunies en cycles : pendant dix-huit ans (1982-2000), Dillon se consacre à la composition d’un ensemble de neuf pièces : Nine Rivers, explorant les relations entre flux et turbulence. Deux pièces de cette « collection » incluent l’électronique : Introitus (commande de l’Ircam en 1989-1990) et Oceanos (1985-1996) ; cette dernière pièce est une synthèse de toutes les autres et y figurent tous les moyens et effectifs de l’ensemble des huit précédentes. Parmi d’autres cycles, citons notamment The book of Elements pour piano (1997-2002), trois livres de duo : les Traumwerk Book (1995-2002). Anthropology, œuvre réalisée pour l’orchestre de Paris, comprend de la même façon un grand nombre de parties.

Au catalogue de Dillon figure une importante œuvre scénique datant de 2004, Philomela, dont il a écrit lui-même le livret basé sur la mythologie. Le compositeur qualifie cette œuvre de « music/théâtre », la distinguant ainsi de l’opéra et du théâtre musical. Dillon a également été sélectionné par la BBC Television et le Arts Council of England pour réaliser Temp’est (1995) pour la série Sound of Film.

Parmi ses nombreux prix, James Dillon a été nommé « musicien de l’année » par le Sunday Times à Londres en 1989, « fellowship » de la fondation du Japon en 1996, « International Distinguished Fellow » de l’université de New York en 2001, Docteur honoris causa de l’Université de Huddersfield en 2003. Il a reçu le prix de la Royal Philharmonic Society, pour Traumwerk Book 1 en 1998, le prix pour la musique de chambre du Royal Philharmonic Society pour The Book of Elements Vol. 5 en 2003. Une importante rétrospective a été consacrée à l’œuvre de Dillon au Huddersfield Contemporary Music Festival en novembre 1995 et à New York en 2001. En 2005 et 2011, il reçoit le Royal Philharmonic Prize à Londres, en 2009, le prix du disque allemand (Deutschen Schallplattenkritik) pour le dvd de Traumwerk. L’enregistrement de Philomela a reçu le Grand prix de l’Académie du disque lyrique en 2010. En 2015, il reçoit le BASCA British Composer Award pour Stabat Mater dolorosa.


© Ircam-Centre Pompidou, 2012

Sources

  • Richard TOOP, « James Dillon », Grove Music Online. © Oxford University Press, 2007 ;
  • Éditions Peters ;
  • James Dillon.

Bibliographie

  • Michael J. ALEXANDER, « The Changing States of James Dillon », Contemporary Music Review, vol. 13, part 1, 1995, p. 65-84.
  • James DILLON, « Ce que je crois » [Propos recueillis par Eric Denut], Musica Falsa, n° 20, Paris, septembre 2004, p. 26-28.
  • James DILLON, « Les instruments spéculatifs », Le timbre, métaphore pour la composition, Ircam-Centre Pompidou, Christian Bourgois, Paris 1985, p. 282-292.
  • Elisabeth HOFFMAN, « Textural Klangfarben in James Dillon’s La femme invisible (1989): An Explanatory Model », Perspectives of New Music, vol. 43, n° 1, 2005.
  • Peter O’HAGAN, Aspects of British music of the 1990s, Ashgate, Aldershot, 2003.
  • Michael SPENCER, « Dillon’s L’Evolution du Vol: An Evolution of Stylistics or a Flight from National Identity? », Musica Scotica: 800 Years of Scottish Music, Musica Scotica Trust, Glasgow 2008.
  • Michael SPENCER, « Re-Placing the Dialectic: Notions of Compositional Procedure in James Dillon’s German Tryptych», BPM volume 5, 2002.
  • Michael SPENCER, « James Dillon: String Quartets as a Complex Causal Network », Contemporary Music Review, June 2014, Vol. 33, Issue 3, pp. 244-265.
  • Arnold WHITTALL, « The elements of James Dillon », The Musical Times, vol. 148, n° 1899, été 2007, p. 3-17.
  • R. WRIGHT, « James Dillon », Contact, n° 24, 1982, p. 20 - 23.

Discographie

  • James DILLON, Philomela, Anu Komsi, Susan Narucki, Lionel Peintre, Remix Ensemble, direction : Jurjen Hempel, 2 cd æon, 2009, AECD0986.
  • James DILLON, Traumwerk Book 1, Duo Gelland : violons, un film de Johan Ramström, 1 dvd NOSAG, 2008, DVD 142*.*
  • James DILLON, the soadie waste ; Dillug-Kefitsah ; Del Cuarto Elemento Traumwerk Book III ; black / nebulae, Irvine Arditti, violon, Noriko Kawai et Hiroaki Takenouchi : piano, Quatuor Arditti, 1 cd NMC, 2008, D131*.*
  • James DILLON, La navette, Deutsche Radio Philharmonie Saarbrücken Kaiserslautern, direction : Christoph Poppen, dans « musica viva festival 2008 » avec des œuvres de Karlheinz Stockhausen, Karl Amadeus Hartmann, Aribert Reimann, Jörg Widmann, Matthias Pintscher, Iannis Xenakis, Beat Furrer, Giacinto Scelsi, Chaya Czernowin, Kaija Saariaho, Liza Lim, Rebecca Saunders, Adriana Hölszky, 6 SACD Neos, 2008, 10926.
  • James DILLON, The Soadie Waste ; Dillug-Keftisah ; Del Cuarto Elemento ; Traumwerk Book III ; black/nebulae ; Noriko Kawai, Hiroaki Takenouchi, Irvine Arditti, Arditti Quartet, 1 cd NMC, 2008, D131.
  • James DILLON, The Book of Elements, volumes I à V, Noriko Kawai, piano, 1 cd NMC, 2004, D091.
  • James DILLON, Überschreiten, Remix Ensemble, avec des œuvres de Brice Pauset, Jorge Peixinho, Emmanuel Nunes, Nuno Côrte-Real, Miguel Azguime, 2 cd Numérica, 2004, NUM 1126.
  • James DILLON, Traumwerk ; Quatuor à Cordes n° 2 ; Parjanya-vata ; Vernal Shower, Quatuor Arditti, Nieuw Ensemble Amsterdam, 1 cd Montaigne Naïve, 2001, MO782046.
  • James DILLON, « Shrouded Mirrors, for guitar » dans L’album pour guitare : Sheer Plucks: Contemporary Solo Guitar Works, Todd Seelye : guitare, avec des œuvres de Milton Babbitt, Luciano Berio, Elliott Carter, Ursula Mamlok, 1 cd Music & Arts, 1998.
  • James DILLON, String Quartet No.3, Quatuor Arditti, dans « Donaueschinger Musiktage 1998 », 4 cd col Legno, 1998, WWE 4CD 20050.
  • James DILLON, Come live with me, Adolf Fredrik Lindblad, Gavleborg Symphony Orchestra, direction : Mats Liljefors, 1 cd Sterling, 1996.
  • James DILLON, Ignis Noster ; Helle Nacht ; BBC Symphony Orchestra, direction : Arturo Tamayo, 1 cd Montaigne Auvidis, 1995, MO 782038.
  • James DILLON, Evening Rain ; Sgothan ; A Roaring Flame ; Crossing Over ; Come Live with Me ; ti.re-ti.ke-dha ; Spleen, Ensemble Accroche-Note, 1 cd Montaigne Auvidis, 1995, MO782037.
  • James DILLON, East 11th St. ; La femme invisible ; Windows and Canopies, Music Projects London, direction : Richard Bernas, 1 cd NMC, 1992, D004.

Liens Internet

  • Steven WEIGT, [Notes sur les œuvres de James Dillon] « La femme invisible [For] Chamber Ensemble, [1989] by James Dillon ; L’oeuvre au noir [For] Chamber Ensemble and Live Electronics, [1990] by James Dillon ; Eileadh sguaibe [For] Brass Ensemble, Percussion, and Live Electronics, [1990] by James Dillon ; Introitus [For] Twelve Strings, Tape, and Live Electronics, [1990] by James Dillon ; Second String Quartet, [1991] by James Dillon ; Vernal Showers [For] Solo Violin and Chamber Ensemble, [1992] by James Dillon » in Notes, 2nd Ser., vol. 55, n° 1, septembre 1998, pp. 195-199, Music Library Association, accès sur le site JSTOR
  • Éditions Peters, https://www.edition-peters.de/composer/james-dillon/w01097 
  • Voir l’enregistrement de la conférence donnée à l’Ircam le 18 juin 2013 lors de ManiFeste : https://medias.ircam.fr/x8c9faf_lecture-by-james-dillon
  • Voir l’enregistrement du cours de composition donné à l’Ircam le 26 juin 2013 lors de l’Académie Acanthes : https://medias.ircam.fr/xb7a1cf_james-dillon-james-dillon-composition-c

(liens vérifiés en octobre 2019).