Date de mise à jour : 29 October 2007

Salvatore Sciarrino

Compositeur italien né le 4 avril 1947 à Palerme

Biographie

Originaire de Sicile, Salvatore Sciarrino étudie les arts visuels avant de se consacrer à la musique. Il se forme essentiellement en autodidacte, directement sur les œuvres des compositeurs anciens et modernes, même s’il bénéficie de contacts importants, en particulier avec Antonio Titone et Turi Belfiore. Sa première création publique a lieu en 1962. Il complète ses études à Rome et à Milan et s’initie à la musique électronique avec Franco Evangelisti, qu’il considère avec Stockhausen comme l’un de ses « pères » artistiques.

Il enseigne ensuite la composition aux conservatoires de Milan, Pérouse et Florence, dirige des master classes. Il reçoit de nombreux prix, dont le prix de la Société Internationale de Musique contemporaine (1971 et 1974), le prix Dallapiccola (1974), celui de l’Anno discografico (1979), le Psacaropoulos (1983), le prix Abbiati (1983), le Premio Italia (1984), et à trente ans, il est nommé directeur artistique du théâtre communal de Bologne, fonction qu’il assume de 1978 à 1980.

En 1982, il se retire dans la petite ville d’Ombrie Città di Castello pour se consacrer à la composition, autant que lui permette son importante activité de pédagogue.

Bien qu’affirmant sa filiation avec des avant-gardistes, Stockhausen en particulier, Salvatore Sciarrino revendique le fait de situer son travail dans une continuité avec l’histoire. Son très important catalogue — sans doute le plus vaste des compositeurs d’aujourd’hui — ne présente pas de rupture mais une évolution vers une nouvelle conception de la musique parfois désignée comme « écologie » de l’écoute et du son. On parle dès ses débuts dans les années 60 d’un « son Sciarrino ». Sa musique est intimiste, concentrée et raffinée, construite sur des principes de microvariations de structures sonores constituées de timbres recherchés et de souffle. Il prône un monde sonore transparent, raréfié et proche du silence, ou du « son zéro » qui pour le compositeur est déjà musique, un monde fait d’une multitude de sons microscopiques, d’un flot continu de bruits infimes, un monde sonore réduit à l’essentiel. Les titres de ses œuvres sont éloquents : Esplorazione del bianco (1986), Cantare con silenzio (1999).

De la même façon, la dramaturgie est inhérente à la musique dans l’action invisible Lohengrin (1984) où, par un procédé synesthésique, la perversion du mythe chez Jules Laforgue, l’auteur du texte, se traduit chez Sciarrino par la dénaturalisation du timbre.

Le compositeur organise ses œuvres comme on trace les lignes d’un dessin, utilise des techniques d’estompage du son, de fusion des couleurs, de jeux de lumière dans le modelage du timbre : un univers proche des arts plastiques dont Morte di Borromini (1988), Omaggio a Burri (1995) font l’éloge.

Dans le catalogue de Sciarrino, la voix occupe une place majeure, des expériences sur l’émission vocale de Lohengrin aux œuvres plus récentes dont l’écriture est plus centrée sur une continuité mélodique liée à la psychologie des personnages : Luci mie traditrici (1998), Macbeth (2002), et surtout Infinito nero (1998), sur les visions mystiques de Maria Maddalena dei Pazzi.


© Ircam-Centre Pompidou, 2007


Sources

  • David OSMOND-SMITH : "Sciarrino, Salvatore", Grove, Oxford University Press.
  • Éditions Ricordi
  • Éditions Rai Trade
  • Martin KALTENECKER : « L’exploration du blanc » et « Entretien avec Salvatore Sciarrino » dans Entretemps, n° 9, Paris, 1990.
  • Gérard PESSON : « Héraclite, Démocrite et la méduse » dans Entretemps, n° 9, Paris, 1990

Parcours de l'œuvre

Par Gianfranco Vinay

Né à Palerme le 4 avril 1947, Salvatore Sciarrino, à l’exception de quelques cours privés, étudia la musique et la composition en autodidacte. Ce choix fut déterminant pour le développement d’une personnalité libre et en quête constante d’une vision intérieure et poétique, orientant les opérations pratiques et techniques de la composition musicale. Pour le jeune artiste qui avait commencé à composer dès l’âge de douze ans, les « Settimane Internazionali di Nuova Musica » de Palerme (1960-1968), un des premiers festivals de musique contemporaine en Europe, ne furent pas seulement l’occasion d’entrer en contact avec des compositeurs de pointe de l’époque (parmi lesquels Stockhausen surtout, eut un impacte sur sa personnalité artistique), mais elles lui donnèrent aussi l’opportunité de présenter ses premières œuvres en publique.

Dans Aka aka to I,II,III, créé en 1968 et ...

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Œuvres

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Ressources documentaires

Bibliographie

  • Sandro CAPPELLETTO, « Comporre dentro il silenzio », [Entretien avec Salvatore Sciarrino] dans Il giornale della musica, EDT et Allemandi éd., Turin, avril 1988.
  • Gualtiero DAZZI, « Action invisible, drame de l’écoute », dans Entretemps n°9, Paris, décembre 1990, p. 117-134.
  • Grazia GIACCO, La notion de « figure » chez Salvatore Sciarrino, Paris, 2001, L’Harmattan, coll. « Univers musical ».
  • Martin KALTENECKER, Gérard PESSON, [Entretien avec Salvatore Sciarrino] dans Entretemps n°9, décembre 1990, Paris, p 135-142.
  • Martin KALTENECKER, « L’exploration du blanc », dans Entretemps n°9, Paris, décembre 1990, p. 107-116.
  • Gérard PESSON, « Héraclite, Démocrite et la Méduse », dans Entretemps n°9, Paris, décembre 1990, p. 143-150.
  • « Salvatore Sciarrino », dans le Programme du Festival d’Automne à Paris, Paris, 2000, (textes de L. Nono, S. Sciarrino, G.Viney, L. Feneyrou).
  • Salvatore SCIARRINO, Carte da suono, CIDIM, Novecento Editore, 2001.
  • Salvatore SCIARRINO, Le figure della musica da Beethoven a oggi, Ricordi, 1998.
  • Gianfranco VINAY, « L’invitation au silence », dans Résonance n°15, éd. Ircam - Centre Pompidou, Paris, mai 1999, p.16-17.

Discographie

  • Salvatore SCIARRINO, Sui poemi concentrici I, II, III, ensemble recherche : Martin Fahlenbock : flûte, Shizuyo Oka : clarinette, Melise Mellinger : violon, Barbara Maurer : viole d'amour, Lucas Fels : violoncelle, 3 cds Kairos, 2009, n° 0012812KAI.
  • Salvatore SCIARRINO, Lohengrin ; Ventus d’ombra, Tyrolean Festival Erl (live) Marianne Pousseur, voix, ensemble Risognanze, Tito Ceccherini, dir. 1 Cd col legno, 2007.
  • Salvatore SCIARRINO, Vanitas, dans « La voce contemporanea in Italia », Tiziana Scandaletti, soprano, Riccardo Piacentini, piano, 1 Cd collectif Stradivarius, 2006, STR 33743.
  • Salvatore SCIARRINO, Archeologia del telefono, Mathilde Hoursiangou, piano, Andreas Lindenbaum, violoncelle, Annette Bik, violon, dans « Donaueschinger Musiktage 2005 », avec des œuvres de Marco Stroppa, Lars Petter Hagen et Klaus Ospald, 1 cd col legno, 2006, LEGN 20246.
  • Salvatore SCIARRINO, Quaderno di strada, Otto Katzameier, baryton-basse, Klangforum Wien, Sylvain Cambreling, 1 Cd Kairos, 2005, KAI 0012482.
  • Salvatore SCIARRINO, Fiato, comprenant aussi Raffigurar Narciso al fonte, Silenzio degli oracoli, Motivo degli oggetti di vetro, Perfezione di uno spirito gentile, Sonia Turchetta, mezzo-soprano, ensemble Alter Ego, Cd Stradivarius, 2005, STR 33647.
  • Salvatore SCIARRINO, La Bocca, I Piedi, Il Suono, Lost Cloud Quartet, Cd col legno, 2004 LEGN 20701.
  • Salvatore SCIARRINO, Immagine di Arpocrate ; capriccio per violino, Massimiliano Damerini, piano, Georg Monch, violon, Orchestra Rai di Roma, Gianluigi Gelmetti, dir. 1 cd Warner Fonit - Italia, 2004, CET 5050467122420.
  • Salvatore SCIARRINO, Pagine ; Canzoniere di Scarlatti, quatuor de saxophones Xasax, 1 Cd Zig Zag Territoires, 2004, ZZT 031001.
  • Salvatore SCIARRINO, Due arie notturni dal campo di Alessandro Scarlatti, comprenant aussi Esercizi di tre stili et Terribile e spaventosa soria del principe di Venosa, Carola Gai, voix, Lost cloud Quartet, Jonathan Faralli, percussion, Alda Caiello, soprano, Mario Caroli, flûte, 1 Cd Zig Zag Territoires, 2004, ZZT 040802.
  • Salvatore SCIARRINO, "L’opera per flauto vol. I", Mario Caroli, flûte, 1Cd, 2002, Stradivarius.
  • Salvatore SCIARRINO, "L’opera per flauto vol. II": Fra i testi dedicati alle nubi ; Addio case del vento ; Orologio di Bergson ; Morte tamburo ; Immagine fenicia ; Lettera degli antipodi portata dal vento ; L'orizzonte luminoso di Aton, Mario Caroli, flûte, 1Cd Stradivarius, 2002, STR 33599
  • Salvatore SCIARRINO, Tre canti senza pietre et L’alibi della Parola dans « Fuoco e ghiaccio », 1 Cd Stradivarius, collectif avec des œuvres de Carlo Gesualdo et Ivan Fedele, ensemble Neue Vocalsolisten Stuttgart, 2002, STR 33629.
  • Salvatore SCIARRINO, Luci mie traditrici, Annette Stricker, soprano, Otto Katzameier, basse, Kai Wessel contretenor, Simon Jaunin, baryton, Klangforum Wien, Beat Furrer, dir., 1 cd Kairos, 2001, KAI 0012222.
  • Salvatore SCIARRINO, Studi per l'intonazione del mare, Michel Van Goethem, contre-ténor, Mario Caroli, Michele Marasco, Gianpaolo Pretto, Manuel Zurria, flûtes solistes, Daniele Berdini, Marco Bontempo, Gianluca Pugnaloni, Leonardo Sbaffi, saxophones solistes, Jonathan Faralli, percussion, Marco Angius , dir., 1 Cd Stradivarius, 2001, STR 33583.
  • Salvatore SCIARRINO, "Codex purpureus" : Spazio inverso ; Muro d'orizzonte ; Omaggio a Burri ; Codex purpureus ; Introduzione all'oscuro, Ryan Kwame’dir., ensemble Recherche, 1 Cd Kairos, 2001, KAI 0012132
  • Salvatore SCIARRINO, Notturni et Sonate, dans « Salvatore Sciarrino live at Ars Musica 2000 » Shai Wosner, Oscar Pizzo, Nicolas Hodges, piano, 1 Cd Cyprès, 2001, CYPR 5603.
  • Salvatore SCIARRINO, Infinito nero ; Le voci sottovetro, Sonia Turchetta, mezzo-soprano, Carlo Sini, voix, ensemble Recherche, 1 Cd Kairos, 2000, KAI 0012022.
  • Salvatore SCIARRINO, Aspern suite, Susanna Rigacci, soprano, Contempoensemble, Mauro Ceccanti, dir. 1Cd Arts - Italia, 2000, ARTS 47591.
  • Salvatore SCIARRINO, Perduto in una città d’acque, dans « Internationale Ferienkurse für Neue Musik Darmstad 1998 », 2 Cds col legno, 2000, LEGN 20055.
  • Salvatore SCIARRINO, Esplorazione del bianco, ensemble Alter Ego, 1 Cd Stradivarius, 1999, STR 3353.
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