mise à jour le 29 October 2007
© Mauro Fermariello

Salvatore Sciarrino

Compositeur italien né le 4 avril 1947 à Palerme.

Originaire de Sicile, Salvatore Sciarrino étudie les arts visuels avant de se consacrer à la musique. Il se forme essentiellement en autodidacte, directement sur les œuvres des compositeurs anciens et modernes, même s’il bénéficie de contacts importants, en particulier avec Antonio Titone et Turi Belfiore. Sa première création publique a lieu en 1962. Il complète ses études à Rome et à Milan et s’initie à la musique électronique avec Franco Evangelisti, qu’il considère avec Stockhausen comme l’un de ses « pères » artistiques.

Il enseigne ensuite la composition aux conservatoires de Milan, Pérouse et Florence, dirige des master classes. Il reçoit de nombreux prix, dont le prix de la Société Internationale de Musique contemporaine (1971 et 1974), le prix Dallapiccola (1974), celui de l’Anno discografico (1979), le Psacaropoulos (1983), le prix Abbiati (1983), le Premio Italia (1984), et à trente ans, il est nommé directeur artistique du théâtre communal de Bologne, fonction qu’il assume de 1978 à 1980.

En 1982, il se retire dans la petite ville d’Ombrie Città di Castello pour se consacrer à la composition, autant que lui permette son importante activité de pédagogue.

Bien qu’affirmant sa filiation avec des avant-gardistes, Stockhausen en particulier, Salvatore Sciarrino revendique le fait de situer son travail dans une continuité avec l’histoire. Son très important catalogue — sans doute le plus vaste des compositeurs d’aujourd’hui — ne présente pas de rupture mais une évolution vers une nouvelle conception de la musique parfois désignée comme « écologie » de l’écoute et du son. On parle dès ses débuts dans les années 60 d’un « son Sciarrino ». Sa musique est intimiste, concentrée et raffinée, construite sur des principes de microvariations de structures sonores constituées de timbres recherchés et de souffle. Il prône un monde sonore transparent, raréfié et proche du silence, ou du « son zéro » qui pour le compositeur est déjà musique, un monde fait d’une multitude de sons microscopiques, d’un flot continu de bruits infimes, un monde sonore réduit à l’essentiel. Les titres de ses œuvres sont éloquents : Esplorazione del bianco (1986), Cantare con silenzio (1999).

De la même façon, la dramaturgie est inhérente à la musique dans l’action invisible Lohengrin (1984) où, par un procédé synesthésique, la perversion du mythe chez Jules Laforgue, l’auteur du texte, se traduit chez Sciarrino par la dénaturalisation du timbre.

Le compositeur organise ses œuvres comme on trace les lignes d’un dessin, utilise des techniques d’estompage du son, de fusion des couleurs, de jeux de lumière dans le modelage du timbre : un univers proche des arts plastiques dont Morte di Borromini (1988), Omaggio a Burri (1995) font l’éloge.

Dans le catalogue de Sciarrino, la voix occupe une place majeure, des expériences sur l’émission vocale de Lohengrin aux œuvres plus récentes dont l’écriture est plus centrée sur une continuité mélodique liée à la psychologie des personnages : Luci mie traditrici (1998), Macbeth (2002), et surtout Infinito nero (1998), sur les visions mystiques de Maria Maddalena dei Pazzi.


© Ircam-Centre Pompidou, 2007

Sources

  • David OSMOND-SMITH, « Sciarrino, Salvatore », Grove, Oxford University Press.
  • Éditions Ricordi
  • Éditions Rai Trade
  • Martin KALTENECKER, « L’exploration du blanc » et « Entretien avec Salvatore Sciarrino » dans Entretemps, n° 9, Paris, 1990.
  • Gérard PESSON, « Héraclite, Démocrite et la méduse » dans Entretemps, n° 9, Paris, 1990.

Par Gianfranco Vinay

Né à Palerme le 4 avril 1947, Salvatore Sciarrino, à l’exception de quelques cours privés, étudia la musique et la composition en autodidacte. Ce choix fut déterminant pour le développement d’une personnalité libre et en quête constante d’une vision intérieure et poétique, orientant les opérations pratiques et techniques de la composition musicale. Pour le jeune artiste qui avait commencé à composer dès l’âge de douze ans, les « Settimane Internazionali di Nuova Musica » de Palerme (1960-1968), un des premiers festivals de musique contemporaine en Europe, ne furent pas seulement l’occasion d’entrer en contact avec des compositeurs de pointe de l’époque (parmi lesquels Stockhausen surtout, eut un impacte sur sa personnalité artistique), mais elles lui donnèrent aussi l’opportunité de présenter ses premières œuvres en publique.

Dans Aka aka to I,II,III, créé en 1968 et inséré dans le catalogue du compositeur, la luxuriante végétation de sons instrumentaux entourant les vocalises du soprano chantant un texte de Basho, suspend le temps en une extase sonore. Amore e Psiche (1972), le premier opéra de Sciarrino, sur livret de Aurelio Pes, est un élargissement de cette dramaturgie sonore extatique fondée sur un continuum instrumental soutenant les vocalises des quatre voix aiguës (contratenor, mezzo-soprano et deux sopranos) ainsi que la récitation d’acteur. Dans le domaine de la musique orchestrale, les premières œuvres importantes sont une Berceuse (1969) fondée sur des principes aléatoires articulant l’enchevêtrement de quatre groupes d’instruments, et Da a da da (1970), les deux présentées à la Biennale de Venise.

Dès le début de sa carrière de créateur, la poétique du défi et du dépassement incise dans la substance sonore ainsi que dans la forme de ces œuvres. Sa position face au passé n’est pas historique-parodique, mais proche de celle que Luigi Nono résuma dans le titre d’une œuvre-manifeste, La Lontananza Nostalgica Utopica Futura. S’approprier de la tradition vivante afin d’en extraire éléments pouvant articuler un langage nouveau, mais refuser la « tradition consolidée », la tradition académique, empêchant d’exploiter l’« approche anthropologique » des instruments : à savoir « se servir des instruments existants tels qu’ils sont, mais les faire revivre. Donc : inventer des sons, des techniques nouvelles que la tradition consolidée empêchait d’apercevoir. »

La virtuosité transcendantale (surtout celle de Chopin et de Paganini) fut un puissant stimule à renouveler les techniques et les sonorités des instruments. S’appuyant sur le principe qu’il appelle « inertie auditive » fondé sur le seuil de discrimination de l’oreille incapable d’identifier deux ou plusieurs sons joués à haute vitesse, Sciarrino compose des œuvres dans lesquelles il explore de nouveaux mondes sonores. Dans la première sonate pour piano (1976) la rapidité d’exécution transforme les figures pianistiques en filaments, en phosphènes sonores ; dans les six Capricci pour violon (1975-76), les acrobaties du soliste jouant surtout sur les harmoniques hyper-aigus, métamorphosent la sonorité de l’instrument. Couronnement de cette première période d’intense créativité est Un’immagine d’Arpocrate, grande œuvre pour piano, orchestre et chœur, dont la composition se prolongea durant un lustre (1974-79). L’atmosphère sonore, parsemée de résonances arcanes (plaques et harmoniques hyper-aigus des instruments à cordes), d’arabesques sonores du piano et de souffles d’instruments à vent, communique un sentiment d’éloignement, de distance abyssale, préparant le dévoilement de l’énigme poétique sous-jacente, révélée à la fin de l’œuvre par le chœur chantant des fragments de Wittgenstein et de Goethe.

Les sonorités évanescentes et fantomatiques, les figures musicales « filantes » si caractéristiques des œuvres composées durant les années soixante-dix, ne comblent pas la gamme de l’art musical du compositeur. Sciarrino commence à explorer d’autres sonorités évoquant des phénomènes sonores corporels ou naturels (respiration, souffles, battements du cœur, cris d’animaux, percussions, etc). Les instruments à vent, à cause de la relation intime, « pneumatique », entre corps du musicien et corps de l’instrument, deviennent le domaine d’expérimentation privilégié de ces sonorités et de ces figures musicales « biologiques ». Surtout la flûte. All’aure in una lontananza (1977) est le prototype d’une série de pièces pour flûte soliste qui au cours des décennies suivantes vont renouveler la littérature musicale et la technique instrumentale. Dans chaque pièce, quelques figures musicales produites par de nouvelles techniques d’émission sonore (harmoniques naturels ou artificiels, sons soufflés, respiration amplifiée, glissandos perçants) ou par des techniques d’avant-garde transformées en figures sonores (sons multiples, coups de langue, percussions des clés) sont agencées selon des stratégies différentes aptes à dramatiser la combinaison et la mise en résonance de ces figures dans l’espace sonore et temporel.

Sciarrino appelle « forma a finestre » (forme à fenêtres) cette façon d’agencer les figures, chacune ouvrant un espace temporel nouveau ; processus exploité couramment par l’informatique. Dans les présentations de ces œuvres, le compositeur prend de plus en plus conscience que ce processus, de même que la répétition (dans le sens de la « ritournelle » deleuzienne) sont les fondements de l’articulation de sa musique. À partir de cette prise de conscience, le compositeur développera une spéculation sur la relation entre la musique, les autres arts et la conscience humaine dont les principes sont expliqués dans Le figure della musica. Ces figures, empruntées aux processus naturels et mathématiques (processus d’accumulation et de multiplication), à la physique (little bang), à la biologie ( transformations génétiques) outre qu’à l’informatique (formes à fenêtre) montrent qu’une forme moderne de psycho-acoustique est à la base de sa poétique et de sa pratique créatrice.

Symptôme du renouvellement de son art musical vers la fin des années 1970 est aussi une nouvelle attitude à l’égard des titres de ses œuvres : la nomenclature traditionnelle laisse désormais la place à des titres suggérant des images poétiques. Images nocturnes (Ai limiti della notte, Autoritratto nella notte, Allegoria della notte, La navigazione notturna), mythologiques (Hermes, Raffigurar Narciso al fonte, Centauro marino, Venere che le Grazie la fioriscono) énigmatiques (Come vengono prodotti gli incantesimi ?, Muro d’orizzonte), chromatiques (Codex purpureus, Introduzione all’oscuro, Esplorazione del bianco), etc. La fonction de ces titres, ainsi que celle des notes de programme, n’est pas d’identifier les « sujets » des poèmes sonores correspondants, mais d’offrir aux auditeurs des voies d’accès à sa musique. La nuit, le silence, le vide, les jeux de miroir entre images sonores et archétypes culturels, biologiques et anthropologiques, suggèrent des métaphores construisant un univers sonore et poétique en constante expansion.

Dans le domaine de la musique pour piano, le compositeur vise le même but poïétique atteint dans la musique pour instruments à cordes et pour instruments à vent : concevoir des trajectoires formelles faisant résonner des figures sonores mettant à découvert l’âme de l’instrument (dans le cas du piano : sa nature percussive). Parmi les quatre sonates composées au cours des décennies 1980-1990 (deuxième 1983, troisième 1987, quatrième 1992, cinquième 1994) la quatrième, fondée sur les « résonances mobiles » d’un seul geste pianistique (deux cluster simultanés aux extrêmes du clavier auxquels répondent deux grappes de trois sons au registre central) est certainement la plus radicale.

Après la recherche de différentes solutions dramaturgiques expérimentées dans trois œuvres théâtrales composées durant les années 1970 (Amore e Psiche, 1971-72, Aspern, 1978, et Cailles en sarcophage, 1980), Sciarrino inaugure, au début des années 1980, une conception dramaturgique nouvelle. Vanitas (1981) et Lohengrin (1982-84) sont les deux œuvres annonçant ce renouvellement.

Vanitas, Nature morte en un acte pour voix de mezzo-soprano, violoncelle et piano est un cycle de mélodies sur des fragments choisis parmi des textes polyglottes riches en images appartenant à la constellation symbolique évoquée par le titre (« Vanitas » en tant que « vanité » baroque et en tant que « vide »). Lohengrin, action invisible, est la représentation sonore de la folie de la protagoniste, Elsa, dont la voix assume une fonction cosmogonique. La scène, comme dans un monologue de Beckett, est un lieu suspendu entre différents états de conscience et différentes réalités intérieures (espace mental : conscience, mémoire) et extérieures (sons de la nature et du paysage sonore environnant). Sciarrino, afin de brouiller l’action de la « moralité légendaire » de Jules Laforgue dont il a tiré le livret, se sert du texte non seulement comme réservoir dont il extrait quelques phrases par ici et par là, le recomposant à son gré, mais il renverse aussi l’ordre des événements et des épisodes.

Dorénavant, la composition d’une œuvre vocale sera précédée d’un travail sur le texte semblable à un trope en creux. Cousant ensemble des mots et des phrases extraits de textes plus longs, Sciarrino les adapte à ses nécessités poétiques, musicales et dramaturgiques ; et surtout au principe de l’« action invisible », selon lequel la raison d’être du théâtre musical n’est pas la représentation scénique en soi, mais le pouvoir de la musique « de représenter, de susciter de pures illusions ». Ce principe est respecté soit dans les œuvres où l’action est réellement « invisible » (La perfezione di uno spirito sottile, pour voix et flûte, 1985, inspiré par un texte orphique ; Infinito nero/estasi di un atto, 1998, monodrame « acousmatique », conçu à partir des extases de Sainte Marie Madelaine des Pazzi), soit dans celles représentées au théâtre. Aussi bien dans les œuvres dérivées de textes littéraires (Perseo e Andromeda, 1990, de la « moralité légendaire » homonyme de Laforgue, Da gelo a gelo, 2006, du journal de la courtisane poétesse japonaise Izumi Shikibu) que dans les œuvres conçues à partir de pièces théâtrales préexistantes (Luci mie traditrici, 1996, de Il tradimento per l’onore, drame baroque publié sous le nom de Giacinto Andrea Cicognini ; Macbeth/tre atti senza nome, 2002, de Shakespeare). En fait, les textes d’origine deviennent des prétextes pour activer des noyaux dramaturgiques auxquels Sciarrino est particulièrement sensible : l’impossibilité d’aimer (Lohengrin, Perseo e Andromeda, Luci mie traditrici, Da gelo a gelo) ; la fascination de la nuit, de l’obscurité et des états à la lisière entre réalité et vision, entre exaltation et folie ; l’« écologie sonore » ( à savoir, la relation entre action dramatique et son environnement sonore). Une œuvre emblématique de la conjonction poétique de la nuit et de la folie lucide du génie est Morte di Borromini per orchestra con lettore (1988) qui, à partir du texte autobiographique de Borromini, représente en forme de mélodrame la nuit durant laquelle le grand architecte se suicida.

Empêché par la sortie de l’opéra de Schnittke sur Gesualdo de mettre en évidence les analogies entre l’intrigue du drame du pseudo Cicognini et l’histoire du prince musicien et meurtrier, Sciarrino reprit son projet d’une œuvre théâtrale sur Gesualdo dans La terribile e spaventosa storia del Principe di Venosa e della bella Maria (1999) pour le Théâtre des « pupi » siciliens. Ici, quelques pièces musicales de Gesualdo et de Domenico Scarlatti sont réélaborées pour voix, quatre saxophones et percussions, parmi lesquelles une Gagliarda, réélaborée également, avec d’autres pièces du prince de Venosa dans Le voci sottovetro pour voix et ensemble de huit instruments. Comme Sciarrino le précise dans la présentation de Cadenzario (pour orchestre, 1991), anthologie de cadences mozartiennes interrompues par de brusques coupures, l’interférence entre le temps (et le style) du passé et le temps (et le style) du présent fait jaillir un troisième temps : « la perspective imaginaire » . Le défi de l’intelligence et de la maîtrise du compositeur est un stimulant majeur pour la mise en place de cette perspective. Un défi particulièrement audacieux est la transcription pour flûte (1993) de la Toccata et fugue en ré mineur pour orgue de Bach.

Dans les œuvres vocales et théâtrales de Sciarrino, au dépouillement du texte verbal correspond une vocalité nouvelle fondée sur une constellation de petites figures plaintives rappelant une caractéristique de la prosodie du langage verbal : à savoir, la fluctuation de la hauteur et de l’intensité de la voix selon l’accentuation des mots et la prononciation de la phrase. Souvent la prosodie musicale ne respecte pas la prosodie verbale et il est aussi rare qu’entre expression verbale et expression musicale un « affect » soit mis en évidence par une figure correspondante. Tout en gardant l’intelligibilité du texte, le compositeur casse la relation traditionnelle entre pathos et signifié, le chant devenant ainsi un pantographe musical exprimant l’anthropologie et la pathologie de la voix humaine.

Au cours des années 1990 le catalogue de Sciarrino s’enrichit d’œuvres instrumentales où il pousse à son point extrême la dramatisation du contraste entre silence et éclat sonore. Dans deux œuvres pour orchestre (Soffio e forma, 1995, et I fuochi oltre la ragione,1997) il introduit des coups de pistolet. En 1997 il expérimente de nouvelles formes de spatialisation du son, rassemblant des effectifs gigantesques composés de flûtes (Il cerchio tagliato dei suoni per 4 flauti solisti e 100 flauti migranti) ou de saxophones (La bocca, i piedi, il suono per 4 sassofoni contralti e 100 sassofoni in movimento). Dans les Studi per l’intonazione del mare, con voce, quattro flauti, quattro sax, percussione, orchestra di cento flauti, orchestra di cento sax, 2000) les deux ensembles « monstres » sont convoqués et fondus ensemble pour introduire et accompagner la voix d’alto chantant un texte de Thomas Wolfe sur Saint François d’Assise.

Au cours des dernières quinze années, le compositeur s’est intéressé de près à la musique vocale. L’alibi della parola à quatre voix (1994), L’immaginazione a sé stessa, pour chœur et orchestre (1996) Cantare con silenzio (1999) pour 6 voix, flûte, résonances et « percutants » et, plus récemment, Quaderno di strada (2003) pour baryton et ensemble instrumental, sont des œuvres particulièrement révélatrices de sa recherche de relations nouvelles entre textes et musique .

Dans Cantare con silenzio, oxymore extrait d’une des extases verbales de Sainte Marie Madeleine des Pazzi, les réflexions philosophiques sur la connaissance (Michel Serres), sur la relation entre temps subjectif et temps objectif (Michel Serres et Henri Bergson) ainsi que les spéculations scientifiques sur le vide et la courbe de l’espace-temps (Edgard Gurzig et Isabelle Stengers) sollicitent Sciarrino à créer des images musicales équivalentes. Dans le deuxième et troisième mouvement, la relativité du temps subjectif par rapport au temps objectif est suggérée par des déphasages et des décalages progressifs entre les retours des figures, créant l’illusion d’un renversement de l’axe temporel.

Le recueil le plus récent de pièces pour voix et instruments, Quaderno di strada, composé à partir de treize fragments textuels enregistrés dans les cahiers du compositeur (d’où le titre : Carnet de route), est une œuvre particulièrement importante sur le chemin de Sciarrino, montrant comment la création artistique peut sauver de l’oubli des images fragmentaires et éphémères en les magnifiant et en les rendant inoubliables.

Bibliographie

  • Sandro CAPPELLETTO, « Comporre dentro il silenzio », [Entretien avec Salvatore Sciarrino] dans Il giornale della musica, EDT et Allemandi éd., Turin, avril 1988.
  • Gualtiero DAZZI, « Action invisible, drame de l’écoute », dans Entretemps n°9, Paris, décembre 1990, p. 117-134.
  • Grazia GIACCO, La notion de « figure » chez Salvatore Sciarrino, Paris, 2001, L’Harmattan, coll. « Univers musical ».
  • Martin KALTENECKER, Gérard PESSON, [Entretien avec Salvatore Sciarrino] dans Entretemps n°9, décembre 1990, Paris, p 135-142.
  • Martin KALTENECKER, « L’exploration du blanc », dans Entretemps n°9, Paris, décembre 1990, p. 107-116.
  • Gérard PESSON, « Héraclite, Démocrite et la Méduse », dans Entretemps n°9, Paris, décembre 1990, p. 143-150.
  • « Salvatore Sciarrino », dans le Programme du Festival d’Automne à Paris, Paris, 2000, (textes de L. Nono, S. Sciarrino, G.Viney, L. Feneyrou).
  • Salvatore SCIARRINO, Carte da suono, CIDIM, Novecento Editore, 2001.
  • Salvatore SCIARRINO, Le figure della musica da Beethoven a oggi, Ricordi, 1998.
  • Gianfranco VINAY, « L’invitation au silence », dans Résonance n°15, éd. Ircam - Centre Pompidou, Paris, mai 1999, p.16-17.

Discographie

  • Salvatore SCIARRINO, 12 Madrigali, Neue Vocalsolisten Stuttgart, enregistrement de la création mondiale, festival Salzburger Festspiele Reihe Kontinent, 2008, Kollegienkirche Salzburg, 1 cd col legno, 2009.
  • Salvatore SCIARRINO, Sui poemi concentrici I, II, III, ensemble recherche : Martin Fahlenbock : flûte, Shizuyo Oka : clarinette, Melise Mellinger : violon, Barbara Maurer : viole d'amour, Lucas Fels : violoncelle, 3 cds Kairos, 2009, n° 0012812KAI.
  • Salvatore SCIARRINO, Lohengrin ; Ventus d’ombra, Tyrolean Festival Erl (live) Marianne Pousseur, voix, ensemble Risognanze, Tito Ceccherini, dir. 1 Cd col legno, 2007.
  • Salvatore SCIARRINO, Vanitas, dans « La voce contemporanea in Italia », Tiziana Scandaletti, soprano, Riccardo Piacentini, piano, 1 Cd collectif Stradivarius, 2006, STR 33743.
  • Salvatore SCIARRINO, Archeologia del telefono, Mathilde Hoursiangou, piano, Andreas Lindenbaum, violoncelle, Annette Bik, violon, dans « Donaueschinger Musiktage 2005 », avec des œuvres de Marco Stroppa, Lars Petter Hagen et Klaus Ospald, 1 cd col legno, 2006, LEGN 20246.
  • Salvatore SCIARRINO, Quaderno di strada, Otto Katzameier, baryton-basse, Klangforum Wien, Sylvain Cambreling, 1 Cd Kairos, 2005, KAI 0012482.
  • Salvatore SCIARRINO, Fiato, comprenant aussi Raffigurar Narciso al fonte, Silenzio degli oracoli, Motivo degli oggetti di vetro, Perfezione di uno spirito gentile, Sonia Turchetta, mezzo-soprano, ensemble Alter Ego, Cd Stradivarius, 2005, STR 33647.
  • Salvatore SCIARRINO, La Bocca, I Piedi, Il Suono, Lost Cloud Quartet, Cd col legno, 2004 LEGN 20701.
  • Salvatore SCIARRINO, Immagine di Arpocrate ; capriccio per violino, Massimiliano Damerini, piano, Georg Monch, violon, Orchestra Rai di Roma, Gianluigi Gelmetti, dir. 1 cd Warner Fonit - Italia, 2004, CET 5050467122420.
  • Salvatore SCIARRINO, Pagine ; Canzoniere di Scarlatti, quatuor de saxophones Xasax, 1 Cd Zig Zag Territoires, 2004, ZZT 031001.
  • Salvatore SCIARRINO, Due arie notturni dal campo di Alessandro Scarlatti, comprenant aussi Esercizi di tre stili et Terribile e spaventosa soria del principe di Venosa, Carola Gai, voix, Lost cloud Quartet, Jonathan Faralli, percussion, Alda Caiello, soprano, Mario Caroli, flûte, 1 Cd Zig Zag Territoires, 2004, ZZT 040802.
  • Salvatore SCIARRINO, "L’opera per flauto vol. I", Mario Caroli, flûte, 1Cd, 2002, Stradivarius.
  • Salvatore SCIARRINO, "L’opera per flauto vol. II": Fra i testi dedicati alle nubi ; Addio case del vento ; Orologio di Bergson ; Morte tamburo ; Immagine fenicia ; Lettera degli antipodi portata dal vento ; L'orizzonte luminoso di Aton, Mario Caroli, flûte, 1Cd Stradivarius, 2002, STR 33599
  • Salvatore SCIARRINO, Tre canti senza pietre et L’alibi della Parola dans « Fuoco e ghiaccio », 1 Cd Stradivarius, collectif avec des œuvres de Carlo Gesualdo et Ivan Fedele, ensemble Neue Vocalsolisten Stuttgart, 2002, STR 33629.
  • Salvatore SCIARRINO, Luci mie traditrici, Annette Stricker, soprano, Otto Katzameier, basse, Kai Wessel contretenor, Simon Jaunin, baryton, Klangforum Wien, Beat Furrer, dir., 1 cd Kairos, 2001, KAI 0012222.
  • Salvatore SCIARRINO, Studi per l'intonazione del mare, Michel Van Goethem, contre-ténor, Mario Caroli, Michele Marasco, Gianpaolo Pretto, Manuel Zurria, flûtes solistes, Daniele Berdini, Marco Bontempo, Gianluca Pugnaloni, Leonardo Sbaffi, saxophones solistes, Jonathan Faralli, percussion, Marco Angius , dir., 1 Cd Stradivarius, 2001, STR 33583.
  • Salvatore SCIARRINO, "Codex purpureus" : Spazio inverso ; Muro d'orizzonte ; Omaggio a Burri ; Codex purpureus ; Introduzione all'oscuro, Ryan Kwame’dir., ensemble Recherche, 1 Cd Kairos, 2001, KAI 0012132
  • Salvatore SCIARRINO, Notturni et Sonate, dans « Salvatore Sciarrino live at Ars Musica 2000 » Shai Wosner, Oscar Pizzo, Nicolas Hodges, piano, 1 Cd Cyprès, 2001, CYPR 5603.
  • Salvatore SCIARRINO, Infinito nero ; Le voci sottovetro, Sonia Turchetta, mezzo-soprano, Carlo Sini, voix, ensemble Recherche, 1 Cd Kairos, 2000, KAI 0012022.
  • Salvatore SCIARRINO, Aspern suite, Susanna Rigacci, soprano, Contempoensemble, Mauro Ceccanti, dir. 1Cd Arts - Italia, 2000, ARTS 47591.
  • Salvatore SCIARRINO, Perduto in una città d’acque, dans « Internationale Ferienkurse für Neue Musik Darmstad 1998 », 2 Cds col legno, 2000, LEGN 20055.
  • Salvatore SCIARRINO, Esplorazione del bianco, ensemble Alter Ego, 1 Cd Stradivarius, 1999, STR 3353.

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