mise à jour le 29 October 2007

Misato Mochizuki

Compositrice japonaise née le 31 janvier 1969 à Tokyo.

Née à Tokyo en 1969, Misato Mochizuki étudie l'harmonie, le piano et la composition à l'Université nationale des Beaux-Arts et de la Musique de Tokyo, et y obtient en 1992 une Maîtrise de composition.

Elle étudie ensuite la composition au conservatoire national supérieur de musique de Paris, ville où elle réside depuis. En 1995, elle y obtient un premier prix de composition et entre en cycle de perfectionnement dans les classes de Paul Mefano et d'Emmanuel Nunes. Elle suit en 1996-1997 le cursus de composition et d'informatique musicale de l'Ircam, où elle travaille notamment avec Tristan Murail.

Elle remporte de très nombreux prix : parmi ceux-ci, en 1995 le grand prix et le prix Yasuda au 64e Concours de musique au Japon, en 1998 le "Stipendien Preis" au 39e Ferienkurse de Darmstadt, en 2000 le prix Akutagawa pour la meilleure création pour orchestre pour Camera lucida, le prix du festival « Ars Musica » de Bruxelles en 2002 pour Chimera, le prix Otaka de la meilleure pièce symphonique en 2005 pour Cloud nine.

Ses œuvres sont jouées lors de festivals internationaux (Donaueschingen, Manca …) par les ensembles les plus actifs, comme l'Orchestre Symphonique de SWR Baden-Baden, l'Orchestre Philharmonique de Radio France, Deutsche Sinfonieorchester de la SFB-Radio Berlin, l'Ensemble intercontemporain, l'Ensemble Modern, Klangforum Wien, Ictus Ensemble, Nieuw Ensemble, 2e2m, Court-circuit.

Son premier disque portrait sorti en 2003 avec Klangforum Wien (chez KAIROS), a été salué par la critique.

Alliage original entre traditions occidentale et asiatique, l’écriture de Misato Mochizuki développe des rythmiques séduisantes et des timbres riches.
D’une grande liberté formelle et stylistique et d’un jeu de couleurs très nuancé, elle est influencée aussi bien par les modes orientaux que par sa connaissance précoce du courant spectral.

L’Œuvre de Misato Mochizuki est marquée par l’intérêt de la compositrice pour les recherches en biologie et en génétique : elle en fait le sujet de ses pièces Homeobox (2001) et Chimera (2000). L’homme et le cosmos sont aussi au centre de Noos (2001) et Omega project (2002), inspirés par les travaux de Teilhard de Chardin.

Une pulsation sous-jacente guide le déroulement de chacune de ses pièces, même parfois inaudible, elle est alors présente de façon subliminale. Chimera évoque un organisme vivant, doté d’une pulsion cardiaque et dont les cellules musicales vivent, se reproduisent, se transforment et se déplacent à la manière d’un corps biologique. C’est un mouvement perpétuel qui se développe selon des règles métonymiques, amplification d’un détail, transformations de bouts de figures par l’apparition de bruits, …

La compositrice élabore ainsi un réseau de patterns, créant des éléments en mouvement de différentes longueurs, répétés, développés et transformés. Par des effets de vibration, de glissandi, de bruit et par l’utilisation de micro-intervalles, elle déstabilise les centres tonals.

La photographie est aussi une référence dans l’attitude compositionnelle de Misato Mochizuki. La chambre claire (1998) et Camera lucida (1999) évoquent les manipulations focales et la reproduction à l’infini d’instants fugitifs.

Les techniques de morphing sonores et synthèses croisées lui permettent à l’issu de son travail à l’Ircam (Si bleu, si calme : 1997) d’étendre les possibilités de l’instrumentarium traditionnel, de manière à fondre des timbres différents dans la continuité d’un parcours sonore.

Son catalogue, édité par Breitkopf & Härtel, compte aujourd’hui une quarantaine de pièces, dont sept œuvres symphoniques et dix pièces pour ensemble. Des pièces écrites pour le cinéma muet (l’un de Kenji Mizoguchi et un autre de Man Ray) seront créées respectivement au festival Agora de l’Ircam et à Radio France en 2007. 2009 voit la création d’un « opéra bouffe », The big bakery robbery basé sur des nouvelles de Haruki Murakami.


© Ircam-Centre Pompidou, 2007

Sources

  • Site de la compositrice
  • Éditions Breitkopf & Härtel

 

Bibliographie

• Wolfgang THEIN : « On Misato Mochizuki » [dans le catalogue de Misato Mochizuki], Breitkopf & Härtel, 2002.
• Eric DENUT : « Après les déchirements. Un panorama de la musique japonaise contemporaine » dans Dissonance n° 86, Mai 2004, Zurich, Association Suisse des Musiciens.
• Stephen LONG : « Japanese Composers of the Post-Takemitsu Generation » dans : Tempo n°228, avril 2004, Londres, Calum MacDonald editeur.

Discographie

• Misato MOCHIZUKI : Si bleu si calme ; All that is including me ; Chimera ; Intermezzi I ; La chambre claire ; Klangforum Wien, Johannes Kalitske, dir., Kairos, 2003, 0012402KAI.
• Misato MOCHIZUKI : Ecoute, dans le triple Cd collectif « Donaueschinger Musiktage 2002 », Neue vocalsolisten Stuttgart, 3 Cds col legno WWE 20229.
• Misato MOCHIZUKI : Pas à pas, dans le Cd collectif « Darmstadt 2000: Internationale Ferienkurse 40. Internationale Ferienkurse für Neue Musik Darmstadt », Pascal Gallois, basson, Teodoro Anzellotti, accordéon, col legno, 2002, WWE 20056.
• Misato MOCHIZUKI : Camera lucida, dans le double Cd collectif « Donaueschinger Musiktage 1999 », SWR Sinfonieorchester Baden-Baden und Freiburg, dir. Sylvain Cambreling, 2 Cds col legno, 1999, WWE 20075.

Liens Internet

• Misato MOCHIZUKI : « Génétique musicale » dans Nouvelles de Royaumont, été 2000, article consultable sur le site http://www.misato-mochizuki.com/ (lien vérifié le 30/10/06)
• Trois questions à Misato MOCHIZUKI dans le programme de la saison 2003/2004 de l’Ensemble Alternance, article consultable sur le site http://www.misato-mochizuki.com/ (lien vérifié le 30/10/06)
• Site des éditions Breitkopf & Härtel : http://www.breitkopf.com/ (lien vérifié le 24 octobre 2006)