mise à jour le 25 March 2010
© Cameron Wittig

Christian Marclay

Compositeur et artiste plasticien né en Californie en 1955.

Né en 1955 à San Rafael en Californie, Christian Marclay est compositeur, musicien et artiste plasticien. De 1975 à 1977, il se forme à l'École supérieure d’art visuels de Genève (Suisse) puis entre au Massachusetts College of Art de Boston pour étudier la sculpture. En 1978, il participe au programme d’échange de la Cooper Union de New York (Union Cooper pour le développement de la science et de l'art). Il obtient une licence en arts en 1980.

Longtemps associé à John Zorn, Elliott Sharp, Butch Morris et le Kronos Quartet, il s’inspire notamment de Joseph Beuys, John Cage et du mouvement Fluxus.

Dès la constitution de son premier groupe, The Bachelors, Even (en hommage à Marcel Duchamp) en 1979, Christian Marclay est influencé par l’art contemporain et les enjeux d’une remise en cause des valeurs traditionnelles de l’art. Dès lors, il s’applique à brouiller les pistes plastiques et sonores de la création, transformant les sons et la musique en des figures physiques et visibles, dans le cadre de performances, de collages, de sculptures, d’installations, de photographies, ou encore de vidéos. Son utilisation des platines vinyles débute au milieu des années 1970 et questionne, tout comme les cultures rock et punk, l'usage marchand du disque vinyle et les industries culturelles. Ainsi, en 1989, pour l’installation Footsteps, il recouvre le sol d’une salle d’exposition de milliers de vinyles d’enregistrements de pas que raye la promenade du visiteur. Pour la série « Body Mix » (1991-1992), il assemble des pochettes d’albums afin de réaliser des collages étranges, rappelant le jeu de cadavre exquis des surréalistes. Cette transformation d’instruments ou d’objets musicaux pour créer des confusions visuelles est l’une des composantes essentielles de l’œuvre de Christian Marclay. Virtuoso (1999), par exemple, représente un accordéon dont les soufflets sont étirés sur plus de sept mètres. Video Quartet (2002), grande projection sur quatre écrans de séquences de films hollywoodiens, évoque quant à elle la culture pop, l’appropriation de l’art et l’échantillonnage.

Les œuvres de Christian Marclay sont largement exposées, notamment au Musée d'art moderne de San Francisco (2001), au Centre Pompidou à Paris (2000, 2002-2003), au Hammer Museum de Los Angeles (2003), au Seattle Art Museum, à la Tate Modern à Londres et au Palais de Tokyo en 2004, au Barbican à Londres (2005), au musée d'art moderne de Stockholm (Moderna museet) en 2006 et à la Cité de la musique à Paris (2007).

Comme musicien et Dj, il réalise des performances improvisées et mixe des disques vinyles modifiés sur des platines, superposant des genres musicaux variés en un collage dissonant aux sons altérés. Il participe à de nombreux enregistrements et se produit dans des lieux comme la Knitting Factory et la Kitchen à New York. Il a collaboré avec divers groupes de musiciens, dont Sonic Youth, le Kronos Quartet, Otomo Yoshihide, Ikue Mori, John Zorn et Arto Lindsay.

Actuellement, Christian Marclay vit et travaille à New York et à Londres.


© Ircam-Centre Pompidou, 2010

Sources

Allmusic et White Cube, Artists (voir ressources documentaires).

Bibliographie

  • Christian MARCLAY, Snap !, édité par Valérie Mavridorakis et David Perreau, Dijon, Editions Les presses du réel, Coll. « Mamco », 2009 [monographie consacrée à la pratique photographique de Christian Marclay – Textes de John Armleder, Bruno Bossis et Frédéric Dufeu, Nathalie Boulouch, Clément Chéroux, Noam M. Elcott, Christian Marclay, Marianne Massin – Publié avec le Master professionnel « Métiers et arts de l'exposition » de l’Université Rennes 2, édition française 17 x 24 cm, 368 pages.
  • Jean-Pierre CRIQUI (directeur de publication), Replay Marclay, Paris, Editions Cité de la musique/Réunions des musées nationaux, 2007, 160 pages [Exposition du Musée de la Musique à Paris, 9 mars-24 juin 2007].
  • Jean-Yves BOSSEUR, La Musique du XXe siècle – à la croisée des arts, Paris, Editions Minerve, Coll. « Musique ouverte », 2008, 256 pages.
  • Laurent BAYLE (directeur de publication), L'Écoute, textes réunis par Peter Szendy, Paris, éd. Harmattan/Ircam-Centre Pompidou, coll. « Les Cahiers de l'Ircam », 2000, 313 p.

Discographie

  • Christian MARCLAY, Record Without a Cover, dans « Christian Marclay : Record Without a Cover », vinyle Recycled Records, 1985 [33-tours – réédition en 1999 chez Locus Solus (Japon)]
  • Christian MARCLAY, Record Without Grooves, dans « Christian Marclay : Record Without Grooves », vinyle Ecart Editions, 1987 [12"].
  • Christian MARCLAY, More Encores, dans « Christian Marclay : More Encores », vinyle No Man’s Land, 1988 [33-tours – avec des enregistrements de Johann Strauss, John Zorn, Chopin, Louis Armstrong, John Cage, Maria Callas, Jimi Hendrix, Serge Gainsbourg etc. – réédition en vinyle ou cd chez ReR Megacorp]
  • Christian MARCLAY, Footsteps, dans « Christian Marclay : Footsteps », vinyle RecRec Music, 1989 [33-tours à une face].
  • Christian MARCLAY, Sound Page, dans « Christian Marclay : Sound Page », flexi-disc Art Metropole, 1990 [7’’ – enregistrement sur une face].
  • Christian MARCLAY, Günter Müller, Piñata, Dea Ex Machina,Pfiff, Sunny-Side Up, Sore Eros, Je Ne Vous Oublierai Jamais, The Ransom Note, Dreh-Moment, Love Gasoline, Vitalium, A Rose Is A Rose Is A Rose, Rififi, Arrivederci, dans « Live Improvisations », 1 cd For 4 Ears, 1994, n° 513.
  • Christian MARCLAY, Untitled, dans « Christian Marclay : Untitled », vinyle Robert Shiffler Editions, 1996 [7’’ – version condensée de l’œuvre originale réalisée dans le cadre d’une installation sonore créée en 1992 à la Galerie Jennifer Flay à Paris].
  • Christian MARCLAY, Dust breading, Jukebox capriccio, Phonodrum, Smoker, Pandra's box, Brown rain, One thousand cycles, 193, Second coming, Craft, Night music, Neutral, Black stucco, His master's voice (excerpt), Groove, dans « Christian Marclay : Records 1981-1989 », 1 cd Atavistic Records, 1997.
  • Christian MARCLAY, Otomo Yoshihide, Don't Stop Now, dans « Split » (avec également If 6 Was 0 de Otomo Yoshihide), vinyle Gentle Giant Records, 1999, n° GG024 [7’’ – Face A enregistrée au Harmonic Ranch à New York en 1998, face B enregistrée au Studio A-102 de Tokyo en 1999].
  • Christian MARCLAY, The French Diplomat's Office, dans « Christian Marclay : The French Diplomat's Office », 1 cd Blumarts, 1999, n° CD201 [Bande sonore de l’installation de Barbara Bloom, exposée en 1999 à la Galerie Peter Blum de New York – enregistrée au Harmonic Ranch à New York]
  • Christian MARCLAY, William Hooker, Intro, Part 1-7, dans « Bouquet », Lee Ranaldo, 1 cd Knitting Factory Works, 2000, n° KFW 264 [enregistrement live à la Knitting Factory, le 24 avril 1999].
  • Christian MARCLAY, Thurston MOORE, Paix, Amour, Pour Diane Allaire, dans « Fuck Shit Up », Lee Ranaldo, 1 cd Les Disques de Victo, 2000, n° VICTO CD 071 [enregistrement live au Festival international de musique actuelle de Victoriaville, le 24 mai 1999].
  • Christian MARCLAY, Elliott SHARP, Blinding Shadow, Wait, Ghost Town, Tin Stars, Deadeye, I'll Come Out... Let Her Go!, So Short So Long, The Noon Train, dans « High Noon », 1 cd Intakt Records, 2000, n° 063 [enregistré, mixé, et masterisé au Studio zOaR de New York, en juillet 1999].
  • Christian MARCLAY, Otomo Yoshihide, Sliced and Diced, Derailment, Deep Down Under, Elephant Memories, Blood Eddy, Suburbia, Hyoushi, Fanfare, Lucky Seven, Distant Trip, Untitled, dans « Moving Parts », 1 cd Asphodel, 2000, n° ASP 2001.
  • Christian MARCLAY, Elliott SHARP, Ikue MORI, Boston One, Boston Two, Boston Three, Boston Four, dans « Acoustiphobia Volume 1 », avec des œuvres d’Anna Davis, David Webern John Corso, Yuki Yoshida etc., 2 cds Sublingual Records, 2001, n° SLR009-10 [cd 1 : enregistrement live à l’Ecole des Beaux-Arts de Boston le 31 janvier 2000 ; cd 2 : œuvres des étudiants du Sonic Arts Program de l’Ecole des Beaux-Arts de Boston]
  • Christian MARCLAY, CCMC, Toronto One, To Toronto, New York One New York, dans « CCMC + Christian Marclay », Michael Snow : clavier, synthétiseur, John Oswald : saxophone alto, Christian Marclay : platines, Paul Dutton : voix, harmonica, 1 cd Art Metropole, Non Musica Rex, 2002, n° ART MET CD004, NMRX 0003.
  • Christian MARCLAY, « Marclay, Tone, Wolff », Christian Wolff, Yasunao Tone, Christian Marclay : platines, 1 cd Asphodel, 2005, n° ASP 2032 [concert donné pour la Merce Cunningham Dance Company le 29 janvier 1988 au Flynn Theatre au Burlington City Arts].
  • Christian MARCLAY, Okkyung LEE, Rubbings, dans « From the Earth To The Spheres vol. 7 », avec une œuvre de My Cat Is An Alien, Okkyung Lee : violoncelle, Christian Marclay : platines et électronique, Vinyl Opax, 2005, n° OPX 007LP [enregistrement en live au Tonic à New York le 14 décembre 2003]
  • Christian MARCLAY, Okkyung LEE, Rubbings, dans « From the Earth To The Spheres vol. 6 », avec des œuvres de My Cat Is An Alien, Okkyung Lee : violoncelle, Christian Marclay : platines et électronique, 1 cd A Silent Place, 2006, n° ASP09 [enregistrement en live au Tonic à New York le 14 décembre 2003].
  • Christian MARCLAY, Guitar Drag, dans « Guitar Drag », Vinyl Neon Records, 2006, n° Neon002 [12’’, bande sonore de la vidéo Guitar Drag (2000), enregistré à San Antonio, Texas le 18 novembre 1999]
  • Christian MARCLAY, Ghost (I don’t live today), dans « Christian Marclay : Ghost (I don’t live today) », Christian Marclay, vinyle Eight & Zero, 2007 [33-tours phosphorescent (12’’), enregistrement sur une face, en collaboration avec le cabinet des estampes à Genève].
  • Christian MARCLAY, « djTRIO », djTRIO, 1 cd Asphodel, 2004, n° ASP 2023 [djTRIO est un trio fondé par Christian Marclay en 1996. Ce cd regroupe des extraits de live de différentes configurations du trio].
  • Christian MARCLAY, 1930, « Island Of Sanity : New Music From New York City », avec des œuvres de David Linton, Mark Dery, Locus Solus, David Fulton, Christian Marclay : platines, 1 cd No Man’s Land, 1991, n° nml 8707cd.
  • Christian MARCLAY, Jukebox Capriccio, dans« The Wire – 20 years – 1982-2002 », avec des œuvres de Steve Lacy, John Cage, Björk, Sonic Youth, Christian Marclay : platines, 1 cd Mute Records Ltd., 2002, n° STUMM 220 [pièce commandée par David Moss et Frank Hoffman pour US EAR: The New Music Review For Radio en 1986].
  • Christian MARCLAY, Unused Space, « A Call For Silence », avec des œuvres de Kurtág György, Peter Cusack, Aaron Siegel, Ted Collins, 1 cd Sonic Arts Network, 2004, n° SAN 2004.

Vidéos de Christian Marclay

  • Crossfire, 2007, 4 projections vidéo synchronisées, couleur, son, 8 minutes 30 secondes en boucle, 4 écrans de 3,5 mètres de base.
  • Video Quartet, 2002, 4 projections vidéo synchronisées, couleur, son, 14 minutes, écran de 12 mètres de long divisé en 4 projections de 3 mètres de base.
  • Mixed Reviews (American Sign Langage), 1999-2001, Projection vidéo, couleur, non sonorisée, 30 minutes, écran de 2,5 mètres de base.
  • Guitar Dragg, 2000, Projection vidéo, couleur, son, 14 minutes, écran de 3 mètres de base.
  • Gestures, 1999, 4 vidéo synchronisées, couleur, son, 9 minutes, diffusion sur 4 moniteurs disposés en carré.
  • Up an Out, 1998, projection vidéo, couleur, son, 110 minutes.
  • Telephones, 1995, vidéo, couleur, son, 7 minutes 30 secondes.
  • Ghost (I Don‘t Live Today), 1985, vidéo, couleur, son, 5 minutes.
  • Record Players, 1984 Record Players, vidéo, couleur, son, 5 minutes.
  • Fast Music (extrait de Commercial Eruption, film de Yoshiko Chuma), 1982, vidéo, noir et blanc, son, 21 secondes.

Filmographie

  • Christian MARCLAY, « Record Player », Lee Ranaldo, Thurston Moore (guitares), Elliott Sharp (guitare, clarinette), Christian Marclay, Dj Olive, Dj Soulslinger, Erik M (platines), DVD Intermezzo Films, 2000 [Christian Marclay, Dj Soulslinger & Elliott Sharp enregistrés en live au Tonic à New York en mai 1999 – Christian Marclay, Lee Ranaldo & Thurston Moore enregistrés en live à Victoriaville (Québec, Canada) en mai 1999 – Christian Marclay enregistré en live à l’Ircam à Paris en mai 1999 – Christian Marclay, Dj Olive & Erik M enregistrés en live au Centre Pompidou à Paris en février 2000].

Liens Internet